Skip to main content

Lors d’une réunion de concertation, l’architecte du lotissement Jazy à Grez-Doiceau (27 maisons sur 2 ha) assurait une gestion des eaux pluviales « meilleure que les champs actuels ». Les données hydrologiques démontrent l’inverse. À travers ce projet concret, explorons pourquoi les sols agricoles protègent mieux contre les inondations que l’urbanisation.

Une éponge naturelle : le secret des champs

Dans leur état naturel, les sols agricoles absorbent l’eau de pluie par infiltration diffuse.

  • 90-100% perméables : labours et prairies laissent passer 5 à 50 mm/h selon les limons wallons.
  • Végétation et relief : racines, herbe et micro-dépressions ralentissent et stockent l’eau, limitant le ruissellement à moins de 20-30% pour une averse de 50 mm.

Résultat : une recharge des nappes sans pics de débit aval. Un terrain de 2 ha absorbe ainsi 80% d’une forte pluie. Bien entendu, les pratiques culturales peuvent influencer positivement ou négativement les résultats. La présence de fascines, de haies sont des éléments d’amélioration.

L’artificialisation : accélérateur de ruissellement

Dès l’aménagement d’un lotissement comme Jazy, tout change. L’étude d’incidence révèle 30 à 37% imperméabilisés (6 046 m² de voiries et toitures). Même si les revêtements sont potentiellement drainants -et pour autant que leur qualité de percolation soit conservée dans une zone agricole- un ruissellement massif est des plus probables.  Dans le cadre de ce dossier, les tests lacunaires -cinq sondages seulement sur une pente- ne donnent pas une image correcte. Aussi peut-on craindre que les noues, les voiries et les citernes saturent vite en cas de trombes d’eau, générant érosion et rejets aval.

Mythe déconstruit : préservons les sols vivants

Compactage et entretien artificiel dégradent la perméabilité de moitié. En Wallonie, l’artificialisation multiplie par cinq le ruissellement, aggravant les inondations comme en 2021. Les champs, « réservoirs naturels » selon le SDT, protègent vallons sensibles comme celui de Lambais à Grez-Doiceau.

Sources diverses