Skip to main content

Sauf erreur et omission. Nous vous invitons à consulter les sources sur le sujet et/ou un hydrologue indépendant.

La présence de sources, signalée par des habitants, sur le versant entre la rue du Stampia et le RAVeL n’est pas un détail anodin : elle révèle un sous-sol structuré par des couches perméables et imperméables, propice aux nappes perchées et aux émergences d’eau. Dans ce contexte, tout nouveau projet d’urbanisation, comme le lotissement JAZY, peut modifier en profondeur les circulations souterraines et le comportement de ces sources.

Introduction

Dans la zone située entre la rue du Stampia et le RAVeL, selon les informations reçues de riverains, plusieurs sources, affleurements ou autres zones humides sont présentes aujourd’hui ou ont existé par le passé. Leur présence est un indice important sur la nature du sous-sol et le fonctionnement hydrogéologique du versant : elles signalent l’existence de nappes perchées, alimentées par les eaux infiltrées sur le plateau, qui ressortent là où une couche argileuse imperméable affleure.

Dans ce contexte, une question s’impose : quels effets le projet de lotissement JAZY pourrait‑il avoir sur ce système fragile ? En concentrant les eaux pluviales vers certains points d’infiltration, risque‑t‑il de faire apparaître de nouvelles sources, d’augmenter le débit de celles qui existent déjà, de déplacer les zones d’émergence, ou au contraire d’en tarir certaines localement ?

Lotissement JAZY : que nous disent les sources entre le Stampia et le RAVeL ?

La présence de sources sur le versant entre la rue du Stampia et le RAVeL n’est pas un détail anodin : elle révèle un sous-sol structuré par des couches perméables et imperméables, propice aux nappes perchées et aux émergences d’eau. Dans ce contexte, tout nouveau projet d’urbanisation, comme le lotissement JAZY, peut modifier en profondeur les circulations souterraines et le comportement de ces sources.

Dans la zone située entre la rue du Stampia et le RAVeL, plusieurs sources, affleurements ou autres zones humides sont présentes aujourd’hui ou ont existé par le passé. Leur présence est un indice important sur la nature du sous-sol et le fonctionnement hydrogéologique du versant : elles signalent l’existence de nappes perchées, alimentées par les eaux infiltrées sur le plateau, qui ressortent là où une couche argileuse imperméable affleure.

Dans ce contexte, une question s’impose : quels effets le projet de lotissement JAZY pourrait-il avoir sur ce système fragile ? En concentrant les eaux pluviales vers certains points d’infiltration, risque-t-il de faire apparaître de nouvelles sources, d’augmenter le débit de celles qui existent déjà, de déplacer les zones d’émergence, ou au contraire d’en tarir certaines localement ?

Ce que la présence de sources révèle du sous-sol

Un sous-sol structuré en couches superposées

La région de Grez-Doiceau présente une géologie en millefeuille typique du Brabant wallon. De la surface vers la profondeur, on trouve :

  1. Les limons quaternaires (0 à ~10 m) : couvrent la quasi-totalité des plateaux et pentes. Composition uniforme — ~80% de silt, 15% d’argile, 5% de sable. Perméabilité modérée à faible en profondeur quand compacté
  2. La Formation de Kortrijk (argile yprésienne) : argile plastique grise à ocre, quasi imperméable, d’épaisseur variable de 0 à 25 m selon les forages — pouvant être absente localement par érosion sur les crêtes et versants entaillé La carte géologique officielle (feuille 32/5-6 Duisburg–Hamme-Mille du Service géologique de Wallonie) la cartographie à Bossut-Gottechain, à moins de 2 km du site JAZY. Elle y décrit un silt ocre-verdâtre surmontant un niveau d’argile plastique grise, et précise que ce niveau argileux relativement imperméable est localement à l’origine d’un aquifère dans les sables sous-jacents de la Formation de Bruxelles. Ce mécanisme est exactement celui qui produit des nappes perchées et des sources de contact sur les versants.
  3. La Formation de Bruxelles (sables éocènes) : sables quartzeux très perméables, excellent aquifère exploité dans toute la ré
  4. Les craies crétacées : aquifère profond majeur, exploité en captage souterrain à Grez-Doiceau via les anciennes galeries souterraines.

Ce que dit la carte des sols : le code Aba1

La carte des sols classe la zone JAZY en sol de type Aba1, dont voici la signification :

  • A = sol limoneux ;
  • b = drainage naturel favorable ;
  • a = présence d’un horizon B textural (sol lessivé bien développé) ;
  • 1 = horizon de surface relativement mince (< 40 cm).

En théorie, un sol Aba1 est donc un sol qui évacue bien l’eau dans ses premiers décimètres et qui n’est normalement pas sujet à l’engorgement prolongé. Ce sont d’ailleurs parmi les meilleurs sols agricoles du Brabant wallon.

Cependant, l’existence de sources sur une zone Aba1 n’est pas contradictoire. La classe pédologique décrit surtout le comportement des premiers décimètres du sol — là où on laboure et où poussent les racines. Elle ne dit rien sur ce qui se passe à 2, 5 ou 10 mètres de profondeur. Les sources, elles, dépendent de la géologie plus profonde et du relief, pas de la classification agronomique de surface.

Dans le secteur de Stampia, plusieurs mécanismes peuvent expliquer des émergences d’eau malgré un sol classé en drainage favorable :

  • Contact entre limons et un niveau sableux sous-jacent : l’eau s’infiltre facilement dans les limons du plateau, puis circule dans les niveaux sableux (Formation de Hannut ou niveau comparable). Lorsqu’elle rencontre une couche moins perméable — argileuse ou limono-argileuse —, elle ressort sur le flanc du relief sous forme de source.
  • Nappe perchée locale : même dans un sol bien drainé, un horizon plus compact situé à 1 ou 2 mètres de profondeur peut provoquer une circulation latérale de l’eau et l’apparition de résurgences en contrebas.
  • Rupture de pente : les sources se concentrent souvent là où les courbes de niveau se resserrent et où le versant commence à descendre vers un vallon, parce que le terrain vient entailler la surface de la nappe.

Pour tout projet pratique — construction, bassin d’infiltration, assainissement autonome — la présence de sources est souvent plus déterminante que la classe pédologique Aba1. Un sol peut être classé « bien drainé » dans ses premiers décimètres tout en présentant une circulation d’eau permanente en profondeur. Concrètement, en présence de sources, la capacité réelle d’infiltration locale peut être nettement inférieure à ce que laisse supposer le seul code Aba1. Pour la zone précise de Stampia, la capacité de drainage de surface est probablement bonne à très bonne, mais la présence de sources indique vraisemblablement un écoulement souterrain structuré, lié à la géologie locale (niveaux sableux et horizons plus imperméables). Un test de percolation sur place reste indispensable avant toute conclusion technique — et l’étude du projet JAZY ne l’a pas réalisé à une profondeur suffisante.

Pourquoi des sources existent entre rue du Stampia et RAVeL

Les sources dans cette zone de versant sont des sources de contact — le type le plus courant en Brabant wallon. Leur mécanisme est simple : l’eau qui s’infiltre dans les limons et les sables percolants descend jusqu’à rencontrer une couche imperméable. Ne pouvant descendre davantage, elle migre latéralement en suivant la pente et ressort en surface dès que le versant entaille cette couche.

Une source de contact témoigne que la limite entre une couche perméable et une couche imperméable affleure à cet endroit précis. C’est un marqueur géologique fiable.

La présence de sources historiques entre la rue du Stampia et le RAVeL indique que ce versant est traversé par au moins une nappe perchée localisée à faible profondeur, suspendue sur une couche argileuse et alimentée par les précipitations infiltrées sur le plateau au-dessus. La Formation de Kortrijk étant documentée à Bossut-Gottechain par le Service géologique de Wallonie, sa présence sous la parcelle JAZY est géologiquement plausible — mais sa profondeur exacte au droit du projet n’a pas été établie par les sondages de l’étude Geolys, qui n’ont pas atteint cette couche.

Ce que le lotissement JAZY changerait pour ces sources

Scénario 1 — Alimentation renforcée des nappes perchées → nouvelles sources ou débit augmenté

Le lotissement concentre les eaux pluviales vers quelques points d’infiltration ponctuels : trop-pleins de citernes, noues, drains de voiries. Là où un champ diffuse l’eau sur toute sa surface, JAZY la réinjecte en quelques endroits précis à hauts volumes.

Si ces points d’infiltration se trouvent au-dessus de la couche argileuse qui crée les nappes perchées, ils les suralimentent directement :

  • Niveau piézométrique rehaussé dans la nappe perchée existante.
  • Des sources déjà actives voient leur débit augmenter.
  • De nouvelles émergences peuvent apparaître sur le versant, là où la nappe perchée déborde laté

Ce phénomène est particulièrement marqué en hiver, quand la nappe est déjà haute et que les citernes saturées déversent leurs trop-pleins.

Scénario 2 — Flux souterrains latéraux vers les maisons en contrebas

Le versant entre le Stampia et le RAVeL est en pente. L’eau souterraine suit la gravité : tout ce qui est infiltré en haut migre vers le bas. Les maisons riveraines situées en contrebas du lotissement se trouvent précisément dans la trajectoire de ces flux latéraux.

Concrètement :

  • Pression hydrostatique augmentée sur les murs de caves enterré
  • Humidité et infiltrations sur les parois et dalles de sous-sols, même sans pluie directe.
  • Remontée de nappe sous les fondations lors des épisodes de recharge intense.

En Belgique, l’assurance incendie ne couvre pas automatiquement les dégâts liés aux infiltrations d’eau souterraine — les propriétaires concernés en porteraient les conséquences financières à titre personnel.

Scénario 3 — Disparition partielle des sources historiques (moins probable, mais possible)

Si les travaux de terrassement coupent physiquement la nappe perchée ou son chemin d’écoulement, on peut observer l’assèchement de sources existantes en aval immédiat des travaux. Ce phénomène dépend de la précision de l’implantation des infrastructures par rapport aux couches géologiques.

Ce que l’EIE ne démontre pas

L’étude de perméabilité réalisée pour JAZY s’est limitée à cinq sondages ponctuels dans les limons superficiels. Elle ne cartographie pas :

  • La profondeur et l’extension de la couche argileuse de Kortrijk sous le terrain.
  • Les nappes perchées existantes et leur niveau piézomé
  • La localisation exacte des sources historiques et leur alimentation.
  • L’impact des rejets concentrés des noues et citernes sur ces nappes.

En l’absence de ces données, il est impossible de garantir que le lotissement n’aggrave pas la situation hydrologique pour les riverains en aval.

En résumé

Indicateur Ce que dit la géologie Impact probable de JAZY
Sources existantes Nappe perchée probable sur argile, sources de contact documentées à moins de 2 km Débit augmenté ou nouvelles émergences
Code pédologique Aba1 Bon drainage de surface (< 1 m), mais ne dit rien sur la géologie profonde Ne peut pas garantir l’absence de nappes perchées en profondeur
Formation de Kortrijk Cartographiée à Bossut-Gottechain, épaisseur 0–25 m, absente localement par érosion Présence sous JAZY plausible mais non vérifiée par les sondages
Flux souterrains latéraux Eau infiltrée sur le plateau migre vers le bas du versant Pression accrue sur caves des riverains en aval
Infiltrations concentrées Noues et trop-pleins rechargent la nappe en un point Alimentation ponctuelle intense de la nappe perchée
Disparition de sources Terrassements peuvent couper les chemins d’écoulement Possible localement, mais moins probable
Données manquantes Pas de cartographie des nappes perchées dans l’EIE, sondages trop peu profonds Risque non évalué = risque non maîtrisé

La présence de sources entre la rue du Stampia et le RAVeL est un signal géologique clair : le sous-sol est structuré pour produire des émergences d’eau sur ce versant. Le code Aba1 décrit correctement le bon drainage agricole de surface, mais ne dit rien sur les circulations souterraines profondes que ces sources trahissent. La Formation de Kortrijk, documentée à Bossut-Gottechain par le Service géologique de Wallonie, constitue le substratum imperméable qui explique ces sources. Tout apport supplémentaire d’eau dans ce système déjà actif peut modifier l’équilibre des nappes, avec des conséquences concrètes pour les voisins en contrebas. L’EIE ne répond pas à ces questions.

Sources diverses