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Dans le cadre de sa mission de veille environnementale et de contribution à une gouvernance territoriale fondée sur la connaissance, EPURES s’attache à analyser les interactions entre activités humaines, santé publique et aménagement du territoire. C’est à ce titre que l’association a récemment transmis au Ministre de l’Environnement une demande portant sur les boues de lavage agricoles et leurs impacts potentiels.

EPURES a en effet interpellé le Ministre de l’Environnement, Monsieur Coppieters, au sujet de la gestion et de la valorisation des boues issues du lavage de produits agricoles — un sujet qui revient régulièrement dans les questionnements de citoyens, d’administrations communales et d’élus locaux.

Si les boues urbaines provenant des stations d’épuration ont déjà fait l’objet de nombreuses études et d’un encadrement réglementaire renforcé, notamment face aux préoccupations relatives aux substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), les matériaux issus du lavage de cultures (comme les betteraves) restent peu documentés dans la littérature scientifique et les évaluations environnementales existantes.

Ces “terres de lavage”, selon les pratiques agricoles et les contextes locaux, peuvent contenir :

  • Des résidus de produits phytopharmaceutiques, dont certains sont persistants dans l’environnement ;
  • Des matières organiques végétales (radicelles, pulpes, fragments de plantes) ;
  • Des nutriments comme nitrates, ammonium ou phosphates, susceptibles de favoriser l’eutrophisation des milieux aquatiques ;
  • Des microplastiques, dont les effets sur les sols et les eaux demeurent mal connus ;
  • Divers métaux lourds liés aux intrants agricoles ou à l’historique des parcelles.

Au-delà de leur composition, l’épandage de ces matériaux peut parfois, selon la nature des sols, la pente ou les conditions météorologiques, favoriser l’érosion et le ruissellement, avec des conséquences possibles sur la qualité des eaux de surface et, localement, sur les dynamiques d’inondation.

Dans sa demande, EPURES propose qu’une évaluation complémentaire soit menée pour examiner les impacts environnementaux et sanitaires de ces flux. Une telle approche, concertée entre les compétences en santé publique, agriculture et aménagement du territoire, permettrait d’objectiver les risques éventuels et, si nécessaire, d’adapter les pratiques ou les cadres réglementaires.

Les communes, en première ligne pour délivrer les permis d’urbanisme liés à de telles pratiques, ont un réel besoin d’outils clairs et de références partagées pour fonder leurs décisions. EPURES plaide donc pour une meilleure connaissance collective de ces matières et une cohérence accrue des politiques publiques en matière d’environnement et de territoire.


En savoir plus : les boues de lavage, qu’est-ce que c’est ?

Lors du lavage des récoltes agricoles (comme les pommes de terre, carottes ou betteraves), l’eau utilisée entraîne avec elle des particules de terre, des restes de végétaux et diverses substances associées à la culture. Le mélange qui en résulte — appelé boues de lavage — est souvent récupéré puis déposé sur des terrains agricoles pour être valorisé.

Cette pratique peut sembler naturelle, puisqu’il s’agit de “retourner la terre à la terre”. Mais selon la provenance et la composition de ces boues, leur impact sur les sols, les cours d’eau ou la santé humaine mérite parfois un examen attentif. D’où l’importance d’études scientifiques et d’un cadre clair pour garantir une gestion sûre et durable.