
Le permis d’environnement actuel de l’aéroport de Bruxelles-National, situé sur la commune de Zaventem en Région flamande, arrive à échéance en juillet prochain. Afin de poursuivre l’exploitation de l’aéroport, Brussels Airport Company a introduit une demande de renouvellement de son permis d’environnement auprès de la Région flamande, à qui il revient de délivrer le permis. L’étude d’incidence accompagnant la demande de permis s’appuie sur un scénario de développement à l’horizon 2032 incluant un doublement du fret aérien et une augmentation de 21% du nombre de passagers par rapport à 2019, correspondant à une augmentation de 234.000 à 240.000 mouvements aériens par an.
Etant donné que plusieurs communes wallonnes sont survolées par des avions en provenance ou à destination de l’aéroport de Zaventem, la Ministre wallonne de l’Environnement Céline Tellier a sollicité dès mars 2023 son homologue flamande, la Ministre Zuhal Demir, pour que la Région wallonne puisse être consultée dans le cadre de ce dossier et que les citoyens wallons directement impactés par les nuisances sonores générées par l’activité aéroportuaire puissent également s’exprimer.
Une large consultation a été organisée auprès de 19 communes wallonnes concernées, qui ont été sollicitées pour organiser des enquêtes publiques sur leur territoire afin de récolter les remarques et observations des citoyens.
Le Gouvernement Wallon va transmettre à la Région Flamande l’intégralité des avis reçus de la part des communes dans le cadre de cette consultation afin que ces derniers soient pleinement pris en compte. Complémentairement à l’avis des communes wallonnes relayé par la Région, le Gouvernement wallon a remis un avis défavorable aux autorités flamandes sur le projet de renouvellement de permis de l’aéroport de Zaventem, tel qu’il est étudié et présenté.
Délais de consultation trop courts
Pas de prise en compte des impacts environnementaux sur la Wallonie
territoire wallon, et ce, afin de réduire les impacts négatifs sur les citoyens, notamment en termes de bruit.Le Gouvernement wallon a par ailleurs formulé plusieurs demandes cumulatives, et notamment que:
• Aucun aménagement sur la piste 01 permettant d’augmenter sa capacité ne soit réalisé;
• La Région Wallonne, les communes et les associations concernées par le survol de la Wallonie par des avions en provenance de l’Aéroport de Bruxelles-National soient davantage inclues dans les échanges et les discussions autour de l’Aéroport et des nuisances qu’il provoque, et ce, à tout niveau de pouvoir. Le Gouvernement estime également important, bien que cela relève de la compétence de l’autorité fédérale, que:
• Une autorité indépendante de contrôle des nuisances sonores soit créée pour l’Aéroport de Bruxelles-National, comme cela est le cas en Wallonie ou encore en France;
• Les avions les plus bruyants soient progressivement interdits pendant les périodes du matin, de soirée, de nuit et durant les week-ends, par exemple par le biais de “quota-count” (quota de bruit par mouvement) individuels plus protecteurs;
• Un mécanisme plus incitatif soit mis en place par l’aéroport afin d’inciter les compagnies aériennes à renouveler leur flotte d’avions au profit d’avions moins bruyants et moins polluants, par exemple, par un mécanisme de redevance aéroportuaire modulé en fonction des niveaux de pollution et de bruit des avions.
Céline Tellier, Ministre de l’Environnement : « Les nuisances générées par l’aéroport de Zaventem ne s’arrêtent pas aux frontières de la Flandre. Il était donc important que les citoyennes et citoyens wallons résidant dans les communes du Brabant wallon survolées par ces avions puissent faire entendre leur voix dans ce dossier, malgré les délais courts imposés par la Région flamande. Leurs préoccupations seront intégralement relayées, complémentairement à l’avis du Gouvernement wallon, qui est, lui, défavorable au renouvellement du permis de l’aéroport ».