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Polémique entre la ministre wallonne Anne-Catherine Dalcq et la Société Scientifique de Médecine Générale sur l’impact des pesticides

Contexte et origine de la controverse

Depuis le printemps 2025, la ministre wallonne de l’Agriculture, Anne-Catherine Dalcq (MR), fait l’objet d’une vive polémique autour de sa politique sur les pesticides. Cette controverse a été déclenchée par des propos tenus par la ministre dans la presse, où elle a qualifié les pesticides d’« outils intéressants » et affirmé qu’un pesticide était « une molécule trouvée dans la nature que l’on a modifiée un peu pour mieux cibler son action »[1][2][3]. Ces déclarations ont suscité une réaction immédiate de la part de la Société Scientifique de Médecine Générale (SSMG) et d’un large collectif de professionnels de la santé.

La réaction du secteur médical

La SSMG, soutenue par plus de 2 000 médecins généralistes, spécialistes et scientifiques, a dénoncé dans une carte blanche une « banalisation » et une « minimisation des dangers des pesticides » par la ministre[4][3][5]. Selon le collectif, les propos de la ministre témoignent d’une « méconnaissance préoccupante » des processus d’autorisation et des risques sanitaires liés aux pesticides, dont les effets néfastes sur la santé humaine et l’environnement sont pourtant bien documentés[1][2][3].

La SSMG pointe notamment :

  • L’accumulation de preuves scientifiques sur les liens entre pesticides et maladies chroniques (cancers, maladies neurodégénératives, troubles du développement chez l’enfant, etc.)[2][3][5].
  • Le fait que tout le monde, y compris les enfants, est exposé aux résidus de pesticides, comme le montrent les études de biomonitoring[2][5].
  • L’absence de prise en compte des recommandations scientifiques dans les politiques publiques et l’exclusion des professionnels de santé des discussions sur le plan anti-pesticides[2][3].

Extraits des critiques médicales

« Assimiler un pesticide à “une molécule trouvée dans la nature que l’on a modifiée un peu pour mieux cibler son action”, comme l’affirme la ministre, est au mieux l’indice d’une sérieuse méconnaissance de ces produits (car la majorité des pesticides sont à ce jour des molécules de synthèse), au pire, l’indice de la volonté de nier la dangerosité pourtant avérée de certaines de ces molécules. »[5]

« Aujourd’hui, le niveau de preuve est important. On a des liens de présomption forts pour plusieurs pathologies et notamment des pathologies pédiatriques, des cancers pédiatriques, des tumeurs du système nerveux central, des troubles neurodéveloppementaux. Le doute n’est plus permis. »[3]

Réponse de la ministre Anne-Catherine Dalcq

Face à ces critiques, Anne-Catherine Dalcq a défendu sa position en commission parlementaire, affirmant agir « uniquement dans l’intérêt public » et réfutant toute influence des lobbies[6][7]. Elle a précisé que ses décisions sont prises « sur base des faits » et dans « une logique d’intérêt général », tout en regrettant la « caricature » et « l’instrumentalisation » du débat par certains acteurs[6][7].

La ministre a également souligné qu’elle n’avait reçu aucune demande de rencontre de la part de la SSMG, tout en se disant ouverte à un dialogue constructif fondé sur les faits[6]. Elle a rappelé l’organisation prochaine des « États généraux de la protection des cultures » pour rechercher des alternatives aux pesticides et réduire leur usage, en concertation avec tous les acteurs, y compris les scientifiques[6].

Enfin, Anne-Catherine Dalcq a insisté sur la nécessité de trouver un équilibre entre la réduction des risques liés aux pesticides et le maintien d’une production agricole viable, soulignant que viser un risque zéro immédiat sans alternatives crédibles pourrait avoir d’autres conséquences négatives, notamment sur la sécurité alimentaire[6].

Les enjeux de fond

La polémique met en lumière deux visions opposées :

  • D’un côté, les professionnels de santé exigent une politique agricole qui place la santé publique au centre, s’appuyant sur les données scientifiques et la prévention des risques, et dénoncent l’influence de l’industrie agroalimentaire dans les décisions politiques[2][1][3].
  • De l’autre, la ministre défend une approche graduelle, invoquant la nécessité de préserver l’autonomie alimentaire et la viabilité économique du secteur agricole, tout en affirmant sa volonté de réduire l’usage des pesticides à terme[6][7].

Conclusion

La controverse entre la ministre wallonne Anne-Catherine Dalcq et la Société Scientifique de Médecine Générale illustre la tension persistante entre impératifs de santé publique et enjeux économiques dans la gestion des pesticides. Alors que la mobilisation des médecins et scientifiques ne faiblit pas, le débat sur l’avenir de l’agriculture wallonne et la protection de la santé reste ouvert, avec des attentes fortes pour une meilleure prise en compte des preuves scientifiques dans l’élaboration des politiques publiques[3][5][2].

  1. https://www.natagora.be/news/pesticides-chers-medecins-cest-le-moment-de-vous-faire-entendre
  2. https://docteurcoquelicot.com/professionnel-le-s-de-la-sante-et-ou-scientifiques-signez-notre-reponse-a-la-ministre-wallonne-de-lagriculture/
  3. https://www.rtbf.be/article/lutte-contre-les-pesticides-les-politiques-nient-l-evidence-scientifique-alerte-la-societe-scientifique-de-medecine-generale-11547128
  4. https://www.notele.be/it61-media158133-plus-de-2000-medecins-generalistes-et-specialistes-en-colere-contre-la-ministre-de-l-agriculture.html
  5. https://www.lespecialiste.be/fr/actualites/petition-pour-les-medecins-laquo-la-sante-ne-peut-pas-etre-sacrifiee-en-faveur-de-l-rsquo-industrie-agroalimentaire-et-chimique-raquo-ssmg.html
  6. https://www.levif.be/sante-2/pesticides-je-ne-suis-sous-linfluence-daucun-lobby-assure-la-ministre-anne-catherine-dalcq/
  7. https://www.rtbf.be/article/pesticides-je-ne-suis-sous-l-influence-d-aucun-lobby-affirme-la-ministre-dalcq-mr-11552934