
Les sociétés de gestion de terres agricoles, comme Sogesa ou Agriland, peuvent avoir un impact significatif sur l’agriculture paysanne et familiale en Wallonie pour plusieurs raisons :
Spéculation foncière :
Ces sociétés, soit, achètent des terres agricoles à des prix élevés, ce qui contribue à la hausse des prix du foncier. Soit les gèrent pour le compte de propriétaires en demandant des loyers plus élevés que les fermages légaux, ce qui n’est pas sans impact sur la qualité des pratiques agricoles. Cela rend l’accès à la terre plus difficile pour les agriculteurs familiaux, qui ont souvent des moyens financiers limités.
Contournement des baux à ferme :
Certaines sociétés exploitent des failles juridiques pour contourner les baux à ferme, qui protègent traditionnellement les agriculteurs. Cela peut entraîner une précarisation des exploitants agricoles.
Concentration des terres :
Ces entreprises ont tendance à accumuler la gestion de grandes surfaces de terres, ce qui réduit la disponibilité pour les petites exploitations et limite la diversité des modèles agricoles.
Impact sur les pratiques agricoles :
Les sociétés de gestion privilégient des pratiques intensives ou orientées vers la rentabilité à court terme, ou si elles ne cultivent pas elles-mêmes, louent pour des périodes courtes à des prix élevés à des agriculteurs qui seront peu enclins à s’assurer de la conservation des terres vu la précarité de leur occupation. Cela peut être en contradiction avec les approches durables et locales souvent adoptées par l’agriculture paysanne.
Impact sur le budget régional :
Certaines sociétés de gestion, par des pratiques douteuses, tentent de capter des montants importants de primes, normalement destinées aux plus petites exploitations. Voir par exemple La Sogesa et Etienne de Dorlodot condamnés pour fraude
Conclusions
Ces dynamiques soulèvent des préoccupations quant à l’avenir de l’agriculture familiale et à la préservation des paysages ruraux en Wallonie. L’implantation croissante de ces sociétés en Wallonie a un impact direct sur l’agriculture paysanne et familiale. Elles favorisent une agriculture spéculative et déconnectée des réalités locales, au détriment d’un modèle plus durable et ancré dans le territoire. Face à cette situation, des alternatives comme les Terres en vue, les coopératives foncières citoyennes ou encore les politiques de soutien aux jeunes agriculteurs pourraient permettre de préserver un accès équitable à la terre et de maintenir un tissu agricole dynamique en Wallonie.
En complément
Voici quelques compléments pour illustrer l’impact des sociétés de gestion de terres agricoles sur l’agriculture paysanne et familiale en Wallonie :
Spéculation foncière et hausse des prix :
Les terres agricoles en Wallonie atteignent des prix moyens de 27 000 €/ha pour des prairies et 46 000 €/ha pour des terres de culture. Ces montants élevés rendent difficile l’accès à la terre pour les jeunes agriculteurs ou les petites exploitations familiales. Une coopérative comme Terre-en-vue a été créée pour contrer cette spéculation en rendant les terres accessibles à des prix raisonnables.
Concentration des terres :
Ces sociétés gèrent de grandes surfaces, ce qui limite la disponibilité des terres pour les petites exploitations. Cela favorise un modèle agricole intensif et industriel. Certaines exploitations familiales ont dû abandonner leur activité faute de pouvoir concurrencer ces grandes entreprises dans l’acquisition de terres.
Contournement des baux à ferme :
Les sociétés exploitent parfois des failles juridiques pour contourner les protections offertes par les baux à ferme, ce qui précarise les agriculteurs. Des agriculteurs ont rapporté des cas où des terres louées depuis des générations ont été vendues à des sociétés, entraînant leur expulsion.
Impact environnemental et social :
Les pratiques agricoles intensives favorisées par ces sociétés peuvent entraîner une dégradation des sols et une perte de biodiversité. Contrairement à ces pratiques, des initiatives comme Terre-en-vue promeuvent une agriculture durable et respectueuse de l’environnement.
Ces dynamiques soulèvent des enjeux majeurs pour l’avenir de l’agriculture familiale en Wallonie.
Approfondir le sujet en consultant La gestion du foncier agricole selon des logiques capitalistes en Wallonie.
Sources : Terre en vue ou Hera | Foundation Future Generations