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EPURES publie sa contribution à l’enquête publique relative à la demande de permis unique de classe 2 PUN2026001. Celle-ci concerne l’installation et l’exploitation d’une tente événementielle au domaine de Laurensart, destinée notamment à accueillir des mariages, des séminaires et des événements d’entreprise. Après examen des documents soumis, notre association estime que le projet ne présente pas les garanties suffisantes pour être autorisé.

Une activité mal définie

La demande prévoit une salle intérieure pouvant accueillir 300 personnes, une terrasse couverte annoncée pour 100 personnes et d’importantes capacités de stationnement. Mais la nature précise des événements, leur fréquentation réelle, leurs horaires, l’utilisation éventuelle des espaces extérieurs et des pièces du château ne sont pas définies de manière suffisamment claire. Cette imprécision empêche d’évaluer correctement les incidences du projet. Un séminaire organisé en journée, un banquet et une soirée dansante avec musique amplifiée n’occasionnent évidemment pas les mêmes effets sur le voisinage.

Une implantation contestable

Le demandeur présente le projet comme une activité récréative de plein air compatible avec la zone agricole. Cette qualification nous paraît devoir être réexaminée : l’activité principale se déroulerait dans un espace couvert, fermé, chauffé et sonorisé, installé de manière durable. Le dossier ne démontre pas clairement en quoi cette exploitation événementielle répondrait aux conditions prévues par le CoDT pour les activités récréatives de plein air en zone agricole. La question se pose également pour le parking supplémentaire envisagé sur une prairie. Sa capacité, sa fréquence d’utilisation et ses effets sur le sol, les écoulements, le paysage et la destination agricole du terrain ne sont pas suffisamment documentés.

Mobilité et stationnement

L’accès principal emprunte une voirie étroite également utilisée par les promeneurs. Or aucune étude de mobilité comprenant des comptages, des scénarios de fréquentation ou une estimation des arrivées et départs aux périodes les plus chargées n’est fournie. Un itinéraire alternatif passant par le territoire de Wavre est évoqué. Toutefois, son statut, son aptitude matérielle à recevoir une circulation automobile importante, sa sécurité et la possibilité d’en imposer réellement l’utilisation ne sont pas démontrés. Dans ces conditions, les conséquences du projet sur Gastuche et sur les riverains ne peuvent pas être correctement appréciées.

Une conformité acoustique conditionnelle

L’étude acoustique conclut au respect des valeurs limites wallonnes et flamandes pour les scénarios modélisés. Cette conclusion repose cependant sur une condition essentielle : les portes et ouvertures de la tente doivent rester fermées pendant toute diffusion de musique amplifiée. Aucune simulation n’est fournie pour une configuration dans laquelle les ouvertures seraient partiellement ou totalement ouvertes. Les performances acoustiques de l’enveloppe ont par ailleurs été estimées faute de données techniques complètes, et la marge calculée n’est que de 0,5 dB à certains points récepteurs. Le dossier ne décrit pas de dispositif automatique reliant le niveau sonore à la fermeture effective des accès, ni de mécanisme indépendant permettant un contrôle a posteriori.

Des questions sur les eaux

La gestion des eaux vannes, des eaux grises et des eaux pluviales n’est pas suffisamment démontrée. Le dossier fournit un schéma général, mais pas un plan technique complet permettant de vérifier la séparation des flux, le raccordement aux fosses et aux citernes, la capacité des installations, le traitement après les fosses septiques ou le dispositif d’infiltration. Le demandeur indique lui-même que les études relatives au statut et à la conformité du système d’assainissement sont toujours en cours. La collecte et l’évacuation des eaux provenant de la toiture de la tente ne sont pas davantage décrites avec la précision nécessaire.

Des incidences cumulées

La note examine également les effets paysagers, l’utilisation projetée de la prairie comme parking et l’objectif annoncé de financer la rénovation du château. Sur ce dernier point, aucun budget, calendrier de travaux ou engagement contrôlable concernant l’affectation des recettes n’a été identifié dans les documents examinés. Pris séparément, certains problèmes pourraient éventuellement faire l’objet de prescriptions. Pris ensemble, ils révèlent cependant une difficulté plus fondamentale : plusieurs caractéristiques essentielles de l’exploitation restent imprécises ou renvoyées à des études ultérieures. Il n’est donc pas possible de vérifier que les incidences relatives au bruit, à la circulation, au stationnement, aux eaux et au paysage seront effectivement maîtrisées.

Pour ces raisons, EPURES demande le refus de la demande de permis. Notre position détaillée et les éléments sur lesquels elle repose sont présentés dans la note complète consacrée au dossier PUN2026001.

Consultez notre note.

A titre informatif, consultez cette vidéo présentant les lieux.