
La récente décision du Conseil flamand du Contentieux des Permis d’annuler le nouveau permis d’environnement pour l’aéroport national de Zaventem fait vivement réagir. C’est notamment le plafond annuel de mouvements d’avions et la limitation des vols nocturnes qui sont au centre de cette controverse, des mesures jugées « trop restrictives » par l’exploitant, mais largement insuffisantes par les autorités locales et les riverains, dont ceux du Brabant wallon.
Un permis contesté… puis annulé
En mars 2024, la Flandre délivre un nouveau permis environnemental pour l’aéroport de Zaventem. Parmi les conditions : à partir de 2032, un maximum de 240,000 mouvements d’avions par an, et une réduction des nuisances sonores nocturnes de 30% d’ici 2030. Ces mesures devaient répondre aux demandes pressantes des communes bruxelloises, flamandes, ainsi que des Régions wallonne et bruxelloise, souvent confrontées au survol des avions et à la pollution sonore accrue.
Pourtant, l’exploitant de l’aéroport, appuyé par Brussels Airlines, estime que ces limitations empêchent le développement de l’activité et violent le droit européen. Le Conseil flamand du Contentieux des Permis leur donne raison : selon l’instance de recours, ces restrictions « restreignent l’exploitation de l’aéroport ».
Quelles conséquences pour l’environnement ?
La réduction du trafic aérien et la limitation des vols nocturnes étaient pourtant des outils efficaces pour :
- Diminuer la pollution sonore, principal facteur de stress et de troubles du sommeil chez les riverains.
- Réduire la pollution atmosphérique liée au kérosène et aux particules fines.
- Limiter les émissions de gaz à effet de serre sur un territoire déjà fragilisé par le trafic routier et industriel.
À défaut de permis plus restrictif, l’aéroport fonctionne selon les anciens critères, considérés comme tout à fait insuffisants pour protéger l’environnement. Cela accroît le risque d’augmentation du trafic et donc des nuisances.
Les riverains du Brabant wallon concernés
Les communes du Brabant wallon sont fortement impactées par les trajectoires aériennes de Zaventem, lors des décollages et atterrissages. La levée de ces limitations annule toute avancée pour :
- Améliorer la tranquillité et la qualité du sommeil.
- Réduire les risques de maladies induites par le bruit et la pollution de l’air.
- Protéger la santé des plus jeunes et des personnes vulnérables.
De plus, les autorités locales du Brabant wallon, tout comme celles de Bruxelles et de Flandre, avaient exigé des mesures plus strictes, faisant de ce dossier un symbole du bras de fer entre intérêts économiques et protection des citoyens.
Une décision jugée inéquitable
En annulant le permis sous prétexte de « restriction à l’exploitation », le Conseil flamand donne la priorité au développement économique sur la protection des populations et de l’environnement. Jusqu’au 30 juin 2029, l’aéroport peut continuer à fonctionner sans changements majeurs, laissant les riverains sans garantie d’amélioration.
Brussels Airport indique vouloir obtenir rapidement un permis adapté pour garantir la continuité des opérations, mais la crainte d’un statu quo défavorable à la santé et au bien-être des riverains demeure entière.
« Tous les vols se poursuivent comme prévu. L’aéroport continue de fonctionner dans le respect des conditions du permis qui a été annulé. » – Brussels Airport.
Conclusion
La décision d’annuler le permis d’environnement de Zaventem apparaît comme un recul majeur pour la protection de la qualité de vie et de la santé des riverains du Brabant wallon, déjà vulnérables face à la pollution sonore et atmosphérique. La bataille entre intérêts économiques et exigences environnementales – un enjeu crucial pour de nombreux citoyens – reste donc pleinement d’actualité.