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A l’article  Comment sommes-nous nourris par l’agriculture de grandes cultures en  Belgique ?   il était nécessaire d’apporter une conclusion plus synthétique, mais surtout d’offrir des perspectives de réorientation pour plus de résilience, biodiversité, relocalisation, et lutte contre le réchauffement climatique.

Conclusion & Perspectives de réorientation

Diagnostic actuel

  • Fortes spécialisations & dépendances : L’agriculture belge est centrée sur les grandes cultures (céréales, betteraves, colza…), fortement destinées à l’alimentation animale, la production industrielle ou l’exportation plutôt qu’à l’alimentation humaine directe.
  • Vulnérabilité alimentaire : La population dépend largement des importations pour les céréales panifiables, fruits et légumes, ce qui rend le système alimentaire vulnérable aux crises.
  • Impact environnemental négatif : Les modèles intensifs actuels sont associés à une perte de biodiversité, des émissions de gaz à effet de serre et une dégradation des sols. Les excédents de cultures comme la pomme de terre ou la betterave ont un fort impact négatif.
  • Faible valorisation du local : La relocalisation des filières reste limitée ; la majorité des cultures partent vers l’export, l’alimentation animale ou industrielle.

Perspectives pour plus de résilience, biodiversité et relocalisation

Diversification des cultures et réduction de la spécialisation

  • Encourager l’introduction de légumes, légumineuses, fruits, oléo-protéagineux, et céréales destinées directement à l’alimentation humaine afin d’améliorer l’autonomie alimentaire régionale.
  • Réduire la dépendance à l’alimentation animale et privilégier des rotations culturales plus variées, favorables à la biodiversité et à la fertilité des sols.

Développement de l’agriculture biologique et bas-intrants

  • Accélérer la conversion vers l’agriculture biologique et l’agroécologie qui limitent les intrants chimiques et favorisent la biodiversité. La bio progresse mais reste encore minoritaire en grandes cultures (environ 5% des surfaces céréalières).
  • Favoriser les filières de proximité pour la vente directe (circuits courts), notamment pour les produits frais.

Relocalisation et résilience alimentaire

  • Consacrer une proportion bien plus grande des terres arables à la production alimentaire locale, selon les modèles montrant que 28% de la production céréalière suffirait pour l’autonomie régionale.
  • Soutenir une infrastructure locale de transformation à taille humaine, pour dynamiser la relocalisation des filières agro-alimentaires.

Lutte contre le réchauffement climatique

  • Limiter l’utilisation des terres pour des cultures énergétiques (biocarburants) et favoriser des pratiques qui séquestrent du carbone : rotations longues, agroforesterie, cultures de couverture.
  • Réduire l’élevage intensif (fortement émetteur de GES) au profit de modes de production plus extensifs et durables, en cohérence avec les besoins alimentaires humains régionaux.

Changement des politiques publiques et soutien aux producteurs

  • Mettre en œuvre des politiques volontaristes de soutien à la diversification et à la transition écologique, à la juste rémunération des agriculteurs et à la concertation entre acteurs agricoles et citoyens.
  • Appuyer la formation et la recherche sur l’innovation agronomique locale adaptée aux exigences climatiques et nutritionnelles du XXIe siècle.

En résumé, pour renforcer la résilience, la biodiversité, la relocalisation et la lutte contre le réchauffement climatique, une profonde réorientation s’impose vers une agriculture plus autonome, diversifiée et écologique. Cela implique un changement de paradigme : produire mieux plutôt que plus, pour assurer sécurité alimentaire locale, respect des écosystèmes et adaptation aux enjeux climatiques contemporains.

Sources diverses