
Préambule
Le terme « 4F », utilisé dans ce texte, désigne la classification des principaux débouchés des cultures agricoles, en particulier des céréales, en quatre grandes catégories d’utilisation :
- Food: l’alimentation humaine directe (ex : meunerie, boulangerie, brasserie).
- Feed: l’alimentation animale (ex : matières premières pour aliments composés, fourrages).
- Fuel: les usages énergétiques ou biocarburants (ex : production de bioéthanol, biogaz à partir de céréales).
- Fiber: la transformation industrielle en matériaux, produits non alimentaires ou dérivés (ex : amidonnerie, papier, textiles végétaux, bioplastiques).
Cette typologie permet de mieux analyser la destination des productions agricoles et de visualiser comment une même culture, par exemple le blé ou le maïs, peut être orientée vers l’un ou plusieurs de ces usages selon la qualité, la demande du marché, ou les politiques agricoles. Les études sectorielles belges et européennes s’appuient couramment sur ce schéma « 4F » pour quantifier et répartir les flux entre alimentation, élevage, industrie et énergie.
Sources :
- https://popups.uliege.be/1780-4507/index.php?id=11161
- https://agriculture.wallonie.be/files/accueil/Recherche et développement/Secheresse/résilience grande culture/Projet PRW 104/page_principale/presentation_des_etudes/L1/L1 – Etat des lieux Revue de Litterature Parangonnage_vff.pdf
La majorité des cultures arables belges sert indirectement à l’alimentation animale, tandis qu’une part plus réduite est destinée directement à l’alimentation humaine, et une fraction significative alimente aussi des usages industriels/énergétiques; une grande partie des flux est commercialisée et transformée au sein du pays, mais la Belgique importe et exporte aussi des volumes importants selon les filières.
Part directe vs indirecte
En Wallonie, une analyse de référence des flux céréaliers montre qu’en 2010 environ 45% des céréales à grains sont valorisées directement en alimentation animale (Feed), tandis que l’alimentation humaine directe (Food, meunerie/malterie) ne représente qu’une part limitée des utilisations, avec des exemples comme le blé panifiable wallon dont seulement 9% du blé et 4% de l’orge trouvent un débouché direct en alimentation humaine en Belgique, le reste allant surtout vers l’alimentation animale et l’amidonnerie/biocarburants (usages industriels et énergétiques). À l’échelle européenne, des analyses convergentes indiquent que la majorité des céréales sert à nourrir les animaux plutôt que les humains (en 2018/2019, 62% des céréales pour l’alimentation animale dans l’UE), ce qui corrobore la forte part d’usage indirect observée en Belgique/Wallonie. Des travaux nationaux sur la bioéconomie confirment que plus des deux tiers du produit principal de l’agriculture végétale en Belgique sont destinés aux animaux, soulignant la prédominance de l’usage indirect par rapport à la consommation humaine directe des cultures végétales.
Répartition par usages
La répartition “4F” des céréales wallonnes illustre la structure des usages: environ 45% en Feed (alimentation animale), une large part dans l’amidonnerie qui alimente à la fois Food/Feed/Fiber/Fuel, et une part non négligeable vers le bioéthanol et le biogaz (Fuel), par exemple au moins 27% du blé fourrager wallon a été absorbé par le bioéthanol en 2010–2011, tandis que le maïs fourrager reste très majoritairement destiné à l’élevage (jusqu’à ~98% en Feed). Pour le blé meunier, la Belgique importe beaucoup de blés panifiables (France, Allemagne) et utilise moins de 15% de blé indigène en meunerie, ce qui limite la part “Food” d’origine nationale malgré une industrie meunière importante, renforçant mécaniquement la part relative des usages indirects/industriels pour les blés cultivés localement.
Part restant en Belgique
Une part substantielle des volumes est collectée et transformée sur le marché intérieur, notamment via l’industrie belge des aliments composés et des biocarburants, mais les flux sont fortement interconnectés avec les importations et exportations selon la qualité et le débouché: les céréales wallonnes n’alimentent au mieux qu’environ 15% des besoins en céréales de l’industrie belge des aliments composés (le reste provenant d’autres origines), et une large fraction du blé meunier consommé par la meunerie belge est importée, alors qu’une partie des farines et malts produits est exportée, ce qui signifie que la “part qui reste” varie selon la filière et n’est pas un unique pourcentage global. Globalement, la Belgique présente toutefois des taux d’auto-approvisionnement supérieurs à 100% pour plusieurs produits animaux, signe que de nombreuses cultures fourragères et matières premières pour aliments restent au moins partiellement dans le pays pour être transformées en produits animaux, même si les matières premières elles-mêmes font l’objet d’échanges commerciaux intenses.
Sources diverses
- https://statbel.fgov.be/fr/nouvelles/chiffres-cles-de-lagriculture-2024
- https://popups.uliege.be/1780-4507/index.php?id=11161
- https://klimaat.be/doc/230303-wp1-rapport-spf-bioeconomie-2050-version-definitive.pdf
- https://www.greenpeace.org/eu-unit/issues/nature-food/45159/majority-of-european-crops-feeding-animals-and-cars-not-people/