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En Wallonie, les Zones d’Aménagement Communal Concerté (ZACC) sont des réserves foncières inscrites au plan de secteur, pouvant recevoir toute affectation à l’exception de l’extraction ou de l’activité industrielle

Limiter l’étalement urbain et préserver les terres agricoles

L’étalement urbain en Wallonie reste important : entre 1977 et 2023, les zones rurales dispersées ont connu une croissance démographique de +34,8 %, tandis que les villages ont progressé de +26,2 %. À l’inverse, les agglomérations centrales ont vu leur population diminuer de 3,5 % sur la même période. Cette dynamique s’accompagne d’une consommation accrue de terres agricoles et naturelles, qui atteint environ 6 km² par an en Wallonie selon les dernières analyses de l’IWEPS. L’ouverture de nouvelles ZACC, souvent situées hors centralités, risque d’aggraver ce phénomène.

Coûts publics élevés liés à la création de nouveaux réseaux

L’urbanisation de ZACC périphériques implique la création de nouvelles voiries, réseaux d’égouttage, d’eau et d’électricité, ainsi que des équipements publics. Selon diverses études, le coût d’extension des réseaux pour des lotissements périphériques peut être jusqu’à 2 à 3 fois supérieur à celui de la densification ou de la réhabilitation en centralité, où les infrastructures existent déjà ou sont plus faciles à adapter.

Concentration des efforts sur la densification et la revitalisation des centralités

La Région wallonne a choisi de faciliter l’activation des ZACC situées en centralité, permettant d’accélérer la création de logements là où les services et les réseaux sont déjà présents. Cette politique ne prévoit pas d’échange formel entre ZACC hors centralité et zones non bâtissables en centralité, mais vise à limiter l’urbanisation dispersée et à encourager la densification qualitative dans les zones centrales. Cependant, échanger des ZACC situées hors centralité contre des zones non bâtissables en centralité serait peut-être une manière opportune de préserver des zones tout en favorisant la densification.

Exemples concrets de réussite en densification et revitalisation

La rénovation urbaine à Arlon (quartier St Donat) ou les opérations de revitalisation dans plusieurs centres urbains wallons ont permis la création ou la rénovation de plus de 1 250 logements, tout en dynamisant les quartiers et en attirant des investissements privés. Ces projets illustrent les bénéfices d’une politique axée sur la réhabilitation et la densification des espaces existants, plutôt que sur l’ouverture de nouvelles zones à l’urbanisation.

Intérêt d’activer les ZACC pour en faire des zones non constructibles

Activer une ZACC ne signifie pas nécessairement ouvrir la zone à l’urbanisation. Le schéma d’orientation local (SOL) peut aussi attribuer à la ZACC une vocation non urbanisable, comme la conservation d’un espace rural, naturel ou récréatif. Cette démarche permet de sécuriser la destination de la zone, de la protéger durablement de la pression urbanistique et de répondre aux besoins locaux en espaces verts ou agricoles. Cela peut aussi contribuer à la lutte contre l’étalement urbain en sanctuarisant des réserves foncières stratégiques.

En résumé, un moratoire sur l’activation des ZACC, conjugué à une politique de densification et de revitalisation des centralités, répond aux enjeux majeurs de la Wallonie : limiter l’étalement urbain, maîtriser les coûts publics, préserver les terres agricoles et naturelles, et améliorer la qualité de vie dans les centres urbains. Activer certaines ZACC pour leur attribuer une fonction non constructible constitue un levier supplémentaire pour protéger durablement le territoire wallon.

Sources :