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Alors que la Déclaration de Politique Communale 2024-2030 trace une feuille de route ferme contre l’étalement, l’artificialisation des sols et pour des logements diversifiés, le projet Jazy SA impose 27 maisons unifamiliales sur un champ agricole de 2 ha. Ce document démontre point par point les contradictions flagrantes.

La DECLARATION DE POLITIQUE COMMUNALE 2024-2030 est la boussole des autorités communales pour la mandature actuelle.

La Déclaration de politique communale 2024-2030 de la commune de Grez-Doiceau est un document stratégique présenté au début de la législature communale par la majorité politique. Elle expose les grandes orientations, les priorités et les projets que les autorités locales souhaitent mettre en œuvre pendant les six années du mandat communal. Elle constitue ainsi une vision globale du développement de la commune et fixe le cadre dans lequel les décisions politiques seront prises.

Ce document sert principalement d’outil d’orientation et de planification pour l’action communale. Il définit les principaux domaines d’intervention de la commune — comme l’environnement, la mobilité, l’aménagement du territoire, la vie sociale et culturelle, la participation citoyenne, la gestion administrative et les finances — et précise les objectifs que les autorités souhaitent atteindre dans chacun de ces domaines. La déclaration permet également d’identifier les projets prioritaires et les actions envisagées afin d’améliorer la qualité de vie des habitants et de répondre aux défis locaux. Elle constitue en outre une base de travail pour l’élaboration du Plan stratégique transversal, qui traduit ces orientations politiques en objectifs opérationnels, moyens et calendrier d’actions.

La Déclaration de politique communale joue également un rôle important en matière de transparence et d’information des citoyens. En rendant publiques les intentions et les priorités de la majorité communale, elle permet aux habitants de comprendre la direction que souhaite prendre la commune et les projets qui pourraient être réalisés durant la législature. Elle sert ainsi de référence pour suivre l’évolution de l’action publique locale et pour évaluer, au fil des années, si les engagements annoncés sont effectivement mis en œuvre.

En résumé, la Déclaration de politique communale est un document central de la gouvernance locale : elle fixe les orientations politiques pour la durée de la législature, guide l’action de l’administration communale et informe les citoyens sur les projets et priorités qui structureront le développement de la commune au cours des années à venir.

Nous avons repris, sous forme d’une liste simplifiée, un certain nombre d’objectifs de cette déclaration de politique communale.  Nous avons vérifié si le projet Jazy (27 logements, voirie sur 19.943 m² de champ agricole) y répond: Spoiler : peu ou pas. Voici les faits. [Cette démarche est valable pour tout projet concernant la commune ou le territoire de Grez-Doiceau.]

Renforcer certaines liaisons cyclables structurantes :

Pour développer ce projet, une nouvelle voirie doit être ouverte. Cette voirie modifiera le tracé d’un axe cyclable régional en y introduisant des angles peu favorables à la circulation et en lui retirant son caractère prioritaire à l’endroit de la nouvelle voirie. L’augmentation du trafic, même si elle reste limitée, constitue un facteur de désagrément et de risque.

Réorganiser globalement la mobilité dans la commune :

La réflexion sur la mobilité doit tenir compte du trafic de percolation : certains conducteurs cherchent les failles du réseau pour optimiser leurs trajets. La nouvelle voirie pourrait notamment être utilisée comme raccourci pour accéder à l’école Saint-Joseph, en raison des facilités d’accès et des possibilités de stationnement qu’elle offrirait.

Rénover et entretenir les routes communales :

La création d’une nouvelle voirie entraîne nécessairement des coûts supplémentaires pour la commune en matière d’entretien. Ceux-ci peuvent être plus élevés encore si les matériaux utilisés nécessitent des soins particuliers.

Mettre en place des zones apaisées avec limitation de vitesse :

La nouvelle voirie serait limitée à 20 km/h, ce qui constitue un élément positif.

Poursuivre les actions de lutte contre les inondations à court, moyen et long terme :

La création de nouvelles voiries et l’imperméabilisation des sols posent la question de l’impact sur les risques d’inondation. Il est nécessaire de s’assurer que ces nouvelles infrastructures n’aggravent pas la situation. Dans le cadre de ce projet, certaines interrogations demeurent.

Aménager des infrastructures pour protéger les riverains des inondations :

Même si les dispositifs de protection prévus sont efficaces, ils représentent une charge collective en matière de suivi et d’entretien. On peut dès lors se demander s’il ne serait pas préférable de concentrer les moyens sur la protection des constructions existantes.

Limiter les constructions dans les zones à risque :

Le projet de lotissement prévoit une compensation sous la forme de la construction d’un terrain de football à revêtement artificiel, situé dans une zone à risque au nord du projet.

Favoriser la rénovation des bâtiments plutôt que de nouvelles constructions :

Le projet prévoit la construction de 27 nouvelles habitations unifamiliales.

Limiter l’artificialisation des sols :

Après réalisation du projet, près de deux hectares de terrain seraient considérés comme artificialisés.

Encourager les logements intergénérationnels et partagés :

Le programme de construction prévu ne va pas dans ce sens.

Développer des logements abordables ou légers :

Le programme de construction prévu ne va pas dans ce sens.

Préserver les paysages et espaces ruraux :

L’impact sur les paysages et les espaces ruraux apparaît important, tant depuis les voiries proches que depuis des points de vue plus éloignés.

Associer les agriculteurs à la gestion des paysages et à la lutte contre les inondations :

Il peut sembler contradictoire d’encourager l’implication des agriculteurs dans ces objectifs tout en acceptant un projet susceptible d’aller à leur encontre.

Étudier la transformation de l’Espace Jeune en Maison des Jeunes :

La création de la nouvelle voirie pourrait avoir un impact sur la sécurité et la convivialité autour de cet espace. Actuellement, la localisation de l’Espace Jeune génère peu de nuisances pour les riverains, mais la création d’un nouveau lotissement modifierait cette situation.

Améliorer l’accessibilité PMR des bâtiments et voiries :

Certains cheminements publics ne seraient pas accessibles en raison de la présence d’escaliers. De plus, certains revêtements envisagés, comme les dalles-gazons ou les pavés non jointifs, peuvent constituer des obstacles pour les personnes à mobilité réduite.

Développer l’offre de logements publics (sociaux, modérés, d’urgence) :

Le programme de construction prévu ne va pas dans ce sens.

Favoriser les petits logements pour personnes seules ou couples :

Le programme de construction prévu ne va pas dans ce sens.

Encourager les promoteurs à inclure des logements sociaux :

Le programme de construction prévu ne va pas dans ce sens.

Réduire les dépenses non essentielles :

L’entretien de nouvelles voiries représente une dépense supplémentaire pour le budget communal, en particulier lorsqu’il s’agit de voiries comportant des revêtements spécifiques et des dispositifs liés à la gestion des inondations.

Au regard de ces éléments, ce projet entre en contradiction directe avec les priorités du DPC : il favorise l’étalement sur des terres agricoles, sans dimension sociale ni diversification, tout en accentuant les risques liés aux inondations et à l’entretien, et en dégradant la mobilité. Par souci de cohérence politique, la commune devrait donc le refuser.