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Extrait de notre mémorandum pour les élections communales 2024.

Points principaux

La gestion des eaux et la prévention des inondations reposent sur un principe fondamental : empêcher que des volumes d’eau importants ne se concentrent dans des zones inappropriées, où ils pourraient causer des dégâts. Pour cela, il est essentiel d’adopter une approche proactive et diversifiée.

La gamme des solutions pour prévenir les inondations est vaste, mais il est crucial de privilégier les actions qui agissent directement « à la source » du problème. Ces actions doivent être mises en place le plus en amont possible, afin de limiter l’accumulation d’eau avant qu’elle ne devienne incontrôlable.

Parmi ces solutions, l’aménagement des abords des bâtiments joue un rôle primordial. Il s’agit par exemple de créer des espaces perméables autour des constructions, qui permettent à l’eau de s’infiltrer dans le sol plutôt que de ruisseler directement vers les zones basses. Les trottoirs, parkings et autres surfaces imperméables peuvent être repensés avec des matériaux qui favorisent cette infiltration. Les eaux excédentaires doivent prioritairement être infiltrées ou conservées et temporisées in situ

La reconfiguration des voiries est une autre mesure clé. Les routes et infrastructures de transport peuvent être conçues de manière à diriger les eaux pluviales vers des zones de rétention naturelles ou artificielles, telles que des bassins d’orage ou des fossés végétalisés. De plus, l’entretien régulier de ces dispositifs est indispensable pour garantir leur efficacité, surtout en anticipant les des périodes de fortes pluies.

Enfin, retenir l’eau le plus en amont possible est l’une des stratégies les plus efficaces. Cela peut être réalisé à travers des dispositifs simples, comme des fossés de rétention, des haies, ou des zones tampons. Ces installations doivent être régulièrement entretenues pour éviter leur saturation ou dysfonctionnement.

Ainsi, en combinant des actions locales et une gestion territoriale cohérente, il devient possible de réduire considérablement les risques d’inondation, tout en assurant une meilleure gestion des ressources en eau.

Pistes de réflexion  pour prévenir les inondations dans Grez-Doiceau.

Court glossaire

  • Crue fréquente : fréquence de 2 ans (en moyenne)
  • Crue moyenne : fréquence de 2 à 10 ans
  • Crue rare : fréquence de 10 à 100 ans
  • Crue exceptionnelle : à plus de 100 ans.
  • Lit mineur d’une rivière : le lit apparent, ou actuel
  • Lit majeur : lit situé en dehors des berges franches, recouvrant toute la surface utilisée par l’eau de la rivière en temps de crue.

La gestion des inondations : principes des mesures techniques

Pour des ‘petites’ rivières comme le Train et le Piétrebais, la gestion des inondations ne se fait habituellement pas par d’importants aménagements et grands ouvrages, mais par une série de mesures dites de ‘ralentissement dynamique’, dont l’objectif est d’étaler la pointe des crues, en agissant de trois manières :

En freinant les ruissellements avant l’arrivée dans le lit mineur du cours d’eau.

  • Il s’agit essentiellement de ralentir l’eau sur les versants. La carte de ruissellement des eaux sur les versants du Train et du Piétrebais est à ce niveau instructive. Un exemple (théorique) en annexe montre une dizaine d’aménagements légers sur le Piétrebais, qui permettraient de ralentir les eaux.

En mobilisant les capacités d’amortissement offertes par le débordement des crues dans le lit majeur.

  • Un inventaire des prairies de vallée doit être fait, afin d’inventorier ces ‘prairies de débordement’ où l’eau peut ralentir et s’infiltrer.
  • Un inventaire des ouvrages/zones existants comme les douves du château et autres étangs proches dont l’envasement ne permet plus de jouer le rôle de volume tampon.

En stockant temporairement une partie des volumes des crues dans des ouvrages spécifiques

  • L’ouvrage de la ZEC de Cocrou est typiquement dédié à cela.

La gestion des inondations : application des mesures techniques

Ces mesures ‘techniques’ sont généralement destinées à protéger des crues moyennes et rares. Il est à noter que ces trois manières de prévenir les inondations doivent se mener de concert. Faire la mesure 1 en ignorant les autres n’a aucun sens.

De plus, ces trois axes de lutte contre les inondations demandent de réels efforts d’organisation, de concertation et d’implication de tous les acteurs. Des études préalables hydrologiques, topographiques, géomorphologiques, hydrogéologiques, paysagères, sociales, historiques et économiques doivent être faites (voir bibliographie : ruissellement dynamique et prévention des inondations).

La gestion des inondations : autres actions

Une réduction des effets d’une inondation ne se réduits pas à ces mesures ‘techniques’. Il faut développer des actions sur trois axes (le trépied vertueux) :

  • Une culture du risque
  • Des actions en temps réel
  • Des actions en temps différés (ou la prévoyance)

La culture du risque :

Le grand risque des mesures efficaces contre les inondations est l’oubli…, la perte de vigilance vis-à-vis de phénomènes naturels qui risque de ‘déborder’ les mesures prises. N’oublions pas qu’aucune mesure proposée ne prévient les crues exceptionnelles. L’information de la population et des acteurs de terrains est indispensable :

  • Sur le niveau d’exposition au crue (ce que l’on risque selon l’importance de la crue)
  • Sur les comportements à adopter en cas de crue

Des actions en temps réel :

Les mesures ‘techniques (dont les ZEC) permettent aussi de ‘différer’ la pointe des crues. Cela permet (mais doit s’organiser avant que la crue arrive…) :

  • D’annoncer les crues à la population
    • Définir les canaux de diffusion
    • Définir les messages à diffuser
  • D’organiser les soutiens et secours à la population.
    • Définir les soutiens de prévention : sacs de sable, placement de batardeaux
  • D’assurer la gestion (réparation éventuelle,…) des ouvrages de contention.

Des actions en temps différés :

Bien avant que les inondations n’arrivent, des mesures doivent être prises :

Nous avons vu les mesures ‘techniques’ : ralentir l’eau sur les versants, utiliser le lit majeur comme ‘amortisseur’, édifier des ouvrages de rétention temporaire (type ZEC).

Mais des actions doivent également être menées sur plusieurs autres aspects :

Mesures réglementaires

  • Mesures spécifiques d’occupation des sols en zones inondables.
  • Mesures particulières de conception de bâtiments et de leurs abords (voir bibliographie N° 3 : CoDT et inondations)

Mesures préventives

  • Des plans d’évacuation doivent être établis
  • Des moyens de protection doivent être disponibles ou financés : sacs de sable, batardeaux, etc…
  • Des informations/formations doivent être dispensées régulièrement.

Mesures budgétaires

  • Des mesures d’indemnisations doivent être prévues (et acceptées par les diverses parties).
    • Dans le cas qui nous occupe nous ignorons si des accords d’indemnisation du fermier concerné par la ZEC ont été trouvé. Idem vis-à-vis d’autres fermiers, propriétaires, forestiers, qui seraient concernés par des mesures sur les versants.
  • Des budgets d’éventuelles réparations doivent être également établis.

Bibliographie :

  1. https://inondations.wallonie.be/files/documents_a_telecharger/GISER/GISER_ruissellement_techniques.pdf
  2. https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-23763-guide-inondation-ruissellement.pdf Concerne la France, mais applicable sur bien des aspects à nos contrées.
  3. https://www.giser.be/wp-content/uploads/2018/12/Broch.-RisqueInondPermisDemandeur-Web.page_.pdf Le CoDT et le risque de ruissellement concentré.
  4. Ruissellement dynamique et gestion des inondations : https://hal.inrae.fr/hal-02583763/document
  5. Exemple (fait en chambre…) de la carte du Piétrebais avec les cours d’eau principaux (en bleu), les zones de ruissellement (en jaune, violet et rouge), les courbes de niveaux (en jaune fin) et la proposition de quelques petits barrages (fascines, plessage,…) en vert.