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Sauf erreur et omission. Nous vous invitons à consulter les différents documents pour vérifier les chiffres.

Eléments repris du document « PROJET D’URBANISATION Rue de Hamme-Mille Grez-Doiceau »

Objectifs d’aménagement du territoire et d’urbanisme

  • Objectif 1: Prolonger l’urbanisation de la rue Hamme-Mille par la création d’une voirie, afin de maintenant l’intégrité du talus végétalisé : Commentaire : Cet objectif ne peut pas être interprété comme relevant du bien public ; il ne vise pas, par exemple, la création de logements modestes.
  • Objectif 2: Renforcer l’unité du contexte bâti existant en termes de gabarit et de typologie architecturale rurale : Commentaire : Aucun renforcement de l’unité bâtie n’est observé, les nouvelles constructions s’écartant du noyau villageois en raison de l’implantation d’une nouvelle voirie.
  • Objectif 3: Faire bénéficier les nouveaux habitants des vues vers la Forêt de Meerdael : Commentaire : Cet objectif relève davantage d’un argument de valorisation commerciale que d’une finalité urbanistique
  • Objectif 4: Aménager les jardins afin qu’ils participent au développement de la faune et de la flore : Commentaire : Aucun dispositif réglementaire ne garantit concrètement la mise en œuvre de cet objectif.
  • Objectif 5: Limiter les surfaces imperméables et garantir une gestion raisonnée et durable des eaux pluviales :  Commentaire : L’objectif apparaît sans pertinence au regard des résultats des études de perméabilité.
  • Objectif 6: Garantir une offre de stationnement suffisante, en favorisant l’implantation sur fond privé :  Commentaire : Il s’agit d’une exigence de base applicable à toute opération urbanistique.

Autres éléments repris de cette note

  • La hiérarchie entre les volumes principaux et secondaires est clairement identifiable. Les volumes secondaires présentent une hauteur sous gouttière inférieure à la hauteur sous gouttière des façades du volume principal : la mesure n’est pas précisée et de facto sans impact.
  • Hormis les éventuels volumes secondaires (voir 1.2.2.3 ci-avant), les zones d’avant-cours (20.1) comportent principalement les chemins et ouvrages strictement nécessaires aux accès et stationnements. Ceux-ci sont réalisés avec des matériaux perméables à semi-perméables non meubles (afin d’éviter un développement de ceux-ci sur la voirie). En dehors des surfaces minéralisées, la zone d’avant-cours est destinée à être plantée ou engazonnée : imprécision sur la surface carrossable et sur la mise en œuvre
  • Afin d’éviter des réouvertures inesthétiques de la voirie réalisée, l’espace de circulation est jouxtée sur sa frange nord d’une bande d’1m réservée aux impétrants. Cette bande de terrain reste publique mais est entretenue par les propriétaires privés au droit de leur parcelle. Elle sera enherbée et pourra être revêtue au droit des entrées carrossables des habitations avec un matériau identique au matériau utilisé pour la zone carrossable des zones privatives : risque de gestion important (particuliers vs commune).
  • Chaque nouvelle habitation dispose d’une citerne à eau de pluie de minimum 10.000 litres avec l’obligation d’utiliser ces eaux pour les besoins des ménages (chasses d’eau, arrosage, …). Les eaux de pluies sont temporisées et gérées durablement suivant les normes régionales en vigueur les plus récentes (code de l’eau, référentiel gestion durable des eaux de pluies, …) : aucun contrôle sur l’utilisation des eaux, le fonctionnement des citernes, etc… => objectif de temporisation non assuré.
  • Une reprise des eaux ruisselant sur les avant-cours est garantie afin de limiter les rejets vers la voirie : de quelle manière, sous quelle forme, avec quel contrôle => objectif de temporisation non assuré.

Gestion des eaux

Un des éléments de ce dossier est l’étude de perméabilité dont les résultats conditionnent entre autres le traitement du risque d’inondation, sachant que la zone en aval est déjà particulièrement sensible et que le traitement des eaux en provenance de la « grande chavée » n’est pas encore réellement résolu. (Cf les travaux de la locale de Tous à Pied sur ce sujet, par ex. ceci : https://tousapiedgrez.be/2025/06/20/methodes-pour-reduire-lerosion-des-chemins-et-maitriser-lecoulement-des-eaux/)

PROCES VERBAL D’ESSAI DE SOL : ETUDE DE PERMEABILITE – GESTION DES EAUX USEES EPUREES ET PLUVIALES :

Résumé du document

Le rapport G25-1473 (18/07/2025) de Geotechnics concerne une étude de perméabilité et de gestion des eaux usées épurées et pluviales pour un projet à Grez-Doiceau.

Huit forages ont été réalisés.  En surface (~1 m), le sol est qualifié de “peu perméable” avec une vitesse d’infiltration retenue de 4,32 mm/h après facteur de sécurité 2, tandis qu’en profondeur (2,4–3 m), le sol est “quasi-imperméable” avec des vitesses < 2,90 mm/h et plusieurs essais jugés imperméables.  La conclusion préconise des dispositifs d’infiltration de type massif infiltrant par lot (surface d’infiltration min. 38,61 m², hauteur 0,50 m, volume utile 5,79 m³, temps de vidange ~35 h) dimensionnés pour une pluie de temps de retour 30 ans.

Pourquoi la percolation naturelle est insuffisante

Perméabilité trop faible par rapport aux pluies extrêmes

La vitesse d’infiltration retenue pour le dimensionnement est de 4,32 mm/h, ce qui classe le sol en “peu perméable”.  Le dimensionnement des ouvrages se base sur une pluie de retour 30 ans d’intensité 44 l/s·ha (donnée IRM reprise en annexe 1), soit des intensités ponctuelles largement supérieures à 4,32 mm/h.

Conclusion : sans ouvrage de stockage/diffusion, le débit d’apport dépasse très fortement la capacité d’infiltration instantanée du sol, ce qui entraîne ruissellement et risque d’inondation.

Horizon profond quasi-imperméable = effet de “plancher”

Tous les essais en profondeur montrent des perméabilités très faibles (< 2,90 mm/h) et plusieurs points sont classés “imperméables” dans le tableau des résultats. Le rapport souligne que “les essais réalisés en profondeur démontrent que le sol est considéré comme imperméable” et exclut les dispositifs d’infiltration profonde (puits, etc.).

Conclusion : même si l’horizon superficiel laisse entrer un peu d’eau, l’horizon profond quasi-imperméable crée un bouchon, limitant la vidange verticale et augmentant la durée de saturation, donc le risque de saturation rapide lors d’épisodes intenses.

Pente, ruissellement et contexte topographique

Le contexte topographique indique que, pour des pentes naturelles > 10%, la mise en œuvre d’un dispositif d’infiltration est déconseillée en raison du risque de ruissellement concentré. Le rapport précise que la parcelle est analysée aussi sous l’angle des aléas d’inondation et du ruissellement via la cartographie régionale (figure 5).

Conclusion : en conditions de fortes pluies, une perméabilité limitée combinée à une pente non plane conduit à des écoulements de surface avant que le sol ait le temps d’absorber l’eau.

Limites spatiales des essais et hétérogénéité du sol

Le rapport rappelle que “la surface d’influence d’un sondage n’est qu’une fraction du terrain” et que “les résultats ne sont valables qu’aux endroits des essais réalisés et peuvent évoluer avec le temps”. Un essai (Ps3) présente une infiltration nettement supérieure aux autres, attribuée à une hétérogénéité locale, et il est écarté du calcul par prudence.

Conclusion : on ne peut pas compter sur des zones ponctuellement plus perméables pour absorber un épisode extrême ; le dimensionnement doit se faire sur les valeurs faibles, ce qui confirme l’insuffisance de la seule percolation diffuse.

Nécessité de dispositifs de stockage et de régulation

Le rapport propose systématiquement des ouvrages de rétention/infiltration (tranchées, massifs, bassins en eau, noues) avec volumes de stockage calculés (ex. : massif infiltrant : volume de stockage minimal 5,79 m³, temps de vidange 35 h ; noue infiltrante : volume 6,47 m³, temps de vidange 24 h ; bassin : volume 5,21 m³, temps de vidange 24 h).

Les annexes 1 et 2 montrent que le dimensionnement repose sur l’équation V = (Qmax – Qinfiltration – Qout) × Durée, avec Qout limité (débit de fuite max 5 l/s·ha) et Qinfiltration fixé par Ksat, ce qui impose un volume tampon significatif pour éviter le débordement lors d’une pluie 30 ans.

Conclusion : si la percolation naturelle suffisait, ces volumes de stockage et limitations de débit de fuite ne seraient pas nécessaires ; le rapport démontre au contraire qu’ils sont indispensables.

Contraintes réglementaires renforçant l’exigence de maîtrise sur site

Le Code de l’Eau (art. R.277) impose de privilégier l’infiltration sur site et de limiter les rejets au réseau ou aux eaux de surface, avec débit de fuite maximal de 5 l/s·ha repris dans le dimensionnement.

Le rapport précise que les eaux pluviales ne peuvent pas être simplement évacuées au réseau et qu’un dispositif de rétention sur site doit être prévu pour respecter le débit de fuite imposé par la commune/province/intercommunale.
Conclusion : la combinaison de faible perméabilité et de contraintes de débit de fuite fait que la percolation naturelle seule ne peut pas assurer la gestion hydraulique réglementaire des fortes pluies.

La création d’une voirie (dans le cadre de la gestion des eaux)

La création d’une voirie perméable en dalles béton alvéolées sur ce type de terrain a-t-il un avantage pour la gestion des eaux pluviales ou l’imperméabilité du sol est telle que l’avantage est très limité ? Sur ce terrain, une voirie en dalles béton alvéolées apportera un léger mieux par rapport à un enrobé totalement imperméable, mais l’avantage restera limité si l’on compte uniquement sur la percolation naturelle pour gérer les fortes pluies.

Données du sol du rapport

En surface (≈ 1 m), la perméabilité retenue est de 4,32 mm/h, ce qui classe le sol en “peu perméable”. En profondeur (≈ 2,4–3,0 m), le sol est qualifié de “quasi-imperméable”, avec Ksat < 2,90 mm/h et plusieurs essais “imperméables”. Le dimensionnement est fait pour une pluie de période de retour 30 ans, intensité 44 l/s·ha, très supérieure à la capacité d’infiltration instantanée du sol.

Effet réel d’une voirie perméable

Les dalles alvéolées permettent surtout de limiter le ruissellement immédiat en offrant un volume de stockage superficiel (alvéoles, gravier, terre végétale) pour autant que le système soit correctement mis en œuvre et surtout entretenu mais l’évacuation finale dépend strictement du Ksat[1] du sol sous-jacent.

Avec un sol “peu perméable” en surface et “imperméable” en profondeur, la vidange du système se fait très lentement (temps de vidange des ouvrages type massif ou noue calculé à 24–35 h dans le rapport), ce qui montre que la seule infiltration naturelle est insuffisante lors d’épisodes intenses

Conséquences pour le projet

Oui, la voirie perméable est préférable à un revêtement 100% imperméable pour réduire les pics de ruissellement localement.  Mais sur ce site, elle ne peut pas être considérée comme un “système de gestion des eaux pluviales” à elle seule : il faut malgré tout des ouvrages dédiés (massifs, noues, bassin) dimensionnés comme dans le rapport, avec volume de stockage et limitation du débit de fuite à 5 l/s·ha.

En pratique, l’intérêt principal des dalles sera donc :

  • De limiter le ruissellement de surface à petite échelle ;
  • D’alimenter de façon plus diffuse les ouvrages d’infiltration/rétention.

Mais la capacité globale restera contrainte par la faible perméabilité du sol.

La création d’une voirie (dans un cadre financier lato sensu)

Impact pour le promoteur

La création de cette voirie permet au promoteur de valoriser son bien, moyennant certes un investissement conséquent, en permettant la création plus facile et plus nombreuse de lots à bâtir. En effet, sans cette voirie, la mise en œuvre d’un projet le long de la rue de Hamme-Mille, avec la présence d’un talus important sachant que le talus est semble-t-il une propriété communale, est certainement plus compliquée et sans dont moins rentable.

La création d’une voirie favorise également plusieurs arguments commerciaux par exemple : bénéficier des vues vers la Forêt de Meerdael ou d’une voirie calme.

Impact pour la commune

Coûts et suivis des entretiens

Pour une voirie communale, un revêtement en dalles béton alvéolées est en général plus coûteux à l’entretien courant qu’un enrobé classique à surface égale.

Nature des opérations d’entretien

L’utilisation de dalles béton alvéolées nécessite de maintenir la perméabilité (désherbage, gestion du substrat, ragréage ponctuel de gravier ou terre végétale, reprise des alvéoles dégradées) impliquant des interventions plus fréquentes.  De plus, sur le terrain décrit dans le rapport (Ksat ≈ 4,32 mm/h en surface, horizon profond quasi imperméable), si les dalles alvéolées ne changent pas fondamentalement la capacité d’infiltration globale, qui reste contrainte par le sol elles impliquent pour conserver un minimum d’avantage un entretien un peu plus technique (désherbage, entretien des joints/alvéoles) que pour un enrobé classique.

 Nous n’avons pas tenu de la gestion complexifiée des abords, dont celle des talus.

Autres considérations

Dans ce genre de dossier, de nombreux commentaires pertinents peuvent être émis.  Nous n’en reprendrons que trois pour ne pas surcharger cette note.

Typologie d’habitat et intégration villageoise

La configuration du projet — principalement (9/11) composée de maisons unifamiliales isolées à quatre façades — interroge quant à sa pertinence face aux besoins réels de la commune. À l’heure où la pression foncière impose une gestion économe du sol, les demandes locales vont davantage vers des logements collectifs, sociaux ou intergénérationnels, plus adaptés à la transition écologique et aux enjeux sociaux actuels.  Le caractère excentré du projet ne favorise pas l’intégration villageoise. Ce projet a également un impact sur la zone d’intérêt paysager limitrophe.

Egouttage

Il ne saurait être acceptable qu’un lot échappe à l’assainissement collectif ; il faut réformer les implantations, soit supprimer le lot.

Remblais et déblais

Sauf erreur et omission

Au regard des éléments communiqués, le volume de terres à étendre sur le périmètre concerné s’élève à 4 200 m³, pour une superficie totale de 1,45 hectare, équivalant à 14 500 m².
La hauteur moyenne du dépôt peut dès lors être évaluée selon le calcul suivant :

Il en résulte que l’opération projetée entraînerait un rehaussement moyen du terrain de l’ordre de 29 cm sur l’ensemble de la zone d’intervention.

Ces terres ne bénéficieront d’aucune stabilisation dans un premier temps, ce qui engendre un risque élevé d’érosion tant que l’aménagement des lots ne sera pas pleinement réalisé

Conclusions

Nous estimons que ce projet ne peut être accepté entre autres pour les raisons suivantes :

  • Une gestion des eaux problématiques ;
  • L’augmentation du risque d’inondation
  • Une non-intégration au contexte bâti existant par l’implantation d’une nouvelle voirie qui éloigne les constructions du noyau villageois.
  • Un coût financier collectif : La création de la voirie, motivée par la valorisation commerciale des lots (vues forestières, accessibilité accrue), impose à la commune des coûts d’entretien élevés.
  • Un usage non raisonné des surfaces : La typologie proposée (maisons unifamiliales isolées) ne répond pas aux besoins locaux en logements collectifs, sociaux ou intergénérationnels, et accentue la pression foncière au détriment d’une gestion économe du sol, tout en impactant une zone d’intérêt paysager limitrophe.

 

 

[1] La conductivité hydraulique à saturation (Ksat) désigne la facilité avec laquelle l’eau se déplace à travers les pores d’un sol saturé. Elle est exprimée en micromètres par seconde (µm/s) et est estimée à partir des propriétés observées du sol, telles que sa texture, sa structure et sa porosité.