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Dans le cadre du Working Paper IWEPS sur la règle 3-30-300, un espace vert public est compris de manière fonctionnelle comme un lieu extérieur végétalisé, accessible au public et permettant des usages de détente, promenade, jeux ou loisirs. Le rapport ne fournit toutefois pas de définition normative détaillée unique, ni de liste obligatoire d’espèces végétales.

Définition applicable

Pour le critère « 300 », l’IWEPS demande aux personnes interrogées si elles ont accès, en moins de cinq minutes à pied, à « un parc, un bois, une forêt ou un espace vert public ». Cette formulation vise donc aussi bien un espace aménagé qu’un milieu naturel, pour autant qu’il soit accessible.  Une définition opérationnelle utilisable en aménagement peut être formulée ainsi : Un espace vert public est un espace extérieur non bâti, à dominante végétale ou naturelle, ouvert et effectivement accessible à tous, sans appropriation privative, susceptible d’accueillir des usages de promenade, repos, jeu, rencontre, observation de la nature ou activités récréatives. Cette formulation correspond à la définition rapportée par le CAPRU : un espace non construit, à dominante végétale, pouvant comprendre de l’eau, ouvert à tous, situé sur le domaine public et adapté à une diversité d’usages.

Taille minimale

Il n’existe pas de seuil de superficie universellement applicable à tous les « espaces verts publics ». La taille dépend de l’objectif poursuivi et du référentiel utilisé. Pour la règle 3-30-300, l’IWEPS rappelle que le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe recommande un espace vert d’au moins un hectare, situé à une distance maximale de 300 mètres.

Référentiel ou type Taille mentionnée Portée
OMS Europe, telle que citée par l’IWEPS Au moins 1 ha Seuil de référence pour un espace vert proche dans l’approche des 300 m.
IWEPS, ancien indicateur de proximité rapporté par CAPRU Au moins 5 ha Définition plus exigeante, destinée à un indicateur spécifique ; ce n’est pas le seuil repris explicitement dans l’enquête 3-30-300.
Square ou jardin public Généralement jusqu’à 2 ha Espace urbain de proximité, souvent aménagé.
Parc urbain À partir de 2 ha Espace plus vaste permettant davantage la promenade et plusieurs usages.

Un petit jardin public, un square ou un espace de nature de quartier peut donc constituer un espace vert public au sens courant. Mais, pour satisfaire strictement la recommandation OMS mobilisée dans le document IWEPS, il faudrait retenir un espace d’au moins 1 ha.

Végétation et espèces

Aucune espèce précise — indigène, horticole, feuillue ou résineuse — n’est exigée dans la définition de l’espace vert public examinée ici. La présence d’une végétation dominante suffit en principe : arbres, arbustes, pelouses, prairies, plantes herbacées ou autres formations végétales ; un plan d’eau peut s’y ajouter. Dans l’étude IWEPS, les espèces ne constituent pas un critère de la condition « 300 m ». Elles ne sont pas non plus prises en compte dans le calcul de la canopée : celle-ci retient la végétation d’au moins trois mètres de hauteur, identifiée par télédétection, sans qualification botanique. Le rapport insiste néanmoins sur une limite importante : un indicateur quantitatif ne mesure ni la diversité des essences, ni la maturité des arbres, ni leur état sanitaire, ni la connectivité écologique, ni la qualité d’usage de l’espace vert. Il précise qu’un massif de grands arbres diversifiés et connecté à l’infrastructure verte n’a pas le même effet qu’un ensemble d’arbres isolés de petite taille.

Accessibilité réelle

La propriété publique ne suffit pas à elle seule : l’accès doit être effectif. Un espace clos, inaccessible, soumis à un droit d’entrée, réservé à des membres, privé, ou dont l’accès est interdit ne devrait pas être compté comme espace vert public dans une évaluation d’accessibilité. Cette réserve découle directement du critère d’espace « accessible et ouvert à tous ». La distance doit idéalement être calculée par un cheminement piéton réel et non « à vol d’oiseau ». Dans le Working Paper, l’IWEPS n’a pas construit cette cartographie : l’accès est mesuré par la déclaration des habitants, en «moins de cinq minutes à pied», comme approximation pratique des 300 mètres. Les auteurs signalent précisément l’absence, à l’échelle wallonne, d’une base harmonisée des espaces verts réellement accessibles au public.

Proposition rigoureuse

Pour une cartographie , nous pourrions retenir les critères cumulatifs suivants :

  • Espace non bâti, principalement perméable et à dominante végétale ou naturelle.
  • Accès libre et gratuit, au moins pendant des périodes suffisamment larges et clairement identifiées.
  • Accessible au public sans discrimination, sans réservation à un lotissement, une copropriété, une école, un club ou une clientèle.
  • Usage possible sur place : entrer, séjourner, se promener ou se récréer ; un simple talus, accotement, rond-point ou alignement d’arbres ne suffit donc normalement pas.
  • Surface minimale de 1 ha si l’objectif est de respecter le repère OMS lié à la règle 3-30-300 ; une catégorie distincte peut être prévue pour les micro-espaces de proximité de moins de 1 ha.
  • Distance de 300 m par cheminement piéton, depuis l’entrée du logement jusqu’à une entrée praticable de l’espace.
  • Évaluation qualitative complémentaire : sécurité, continuité des cheminements, mobilier, ombrage, biodiversité, présence d’arbres adultes, diversité végétale et capacité d’accueil.

Cette proposition est un choix méthodologique, et non une définition juridiquement obligatoire en Wallonie. Le Working Paper IWEPS recommande précisément de développer une cartographie harmonisée tenant compte des définitions et règles d’accessibilité ; il ne fixe pas lui-même une norme réglementaire exhaustive.

Sources diverses