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Si d’aucuns célèbrent l’organisation d’une coupe du monde à Wavre, pour le goût du sport ou le développement économique, d’autres s’en plaignent comme les riverains ou en contestent les réelles retombées pour la ville. Force est de constater qu’une approche objective est semée d’embûches, selon les critères d’analyse qui sont retenus.

Il est clair que les riverains, voire les Wavriens, paient un tribut important. Les retombées économiques ne seront réellement connues qu’après la compétition.

Selon nos informations, le terrain de Grez-Doiceau, pourtant récent, n’a pas eu l’heur de plaire aux équipes participantes pour effectuer leur entrainement.

Chez EPURES, nous avons préféré étudier le dossier sous trois autres angles et interroger l’impact d’un sport et d’une compétition sur notre environnement.

L’utilisation de l’eau.

Il faut savoir que les terrains de hockey doivent être arrosés, non pas pour éviter qu’ils ne jaunissent avec la canicule, puisqu’ils sont synthétiques, mais pour améliorer la qualité de jeu pour ces messieurs-dames les sportifs qui n’aiment pas jouer à sec.

Pourtant, en ces temps de sécheresse et de canicules, questionner l’usage de l’eau est impératif. Aucune donnée chiffrée officielle et vérifiable sur la consommation d’eau totale prévue pour l’arrosage des terrains lors de la Coupe du Monde à Wavre n’a été publiée. Des estimations générales évoquent, pour un terrain de hockey classique mouillé, un ordre de grandeur de 12 000 à plus de 20 000 litres d’eau par match, avec un taux d’évaporation élevé (jusqu’à 75% selon un expert cité). Des terrains plus récents permettraient de descendre autour de 6 000 litres, l’eau étant en partie récupérée.   Il n’est pas précisé dans quelles conditions climatiques, ces chiffres sont calculés.

Pour les 50 matchs disputés à Wavre (sans compter les entrainements) : pour la fourchette la plus basse, cela donne 300 000 litres d’eau, pour la fourchette la plus haute, 1.000.000 de litres, tirés de la nappe phréatique, vu qu’il n’a guère plu depuis longtemps. Cela correspond à 12 ans de consommation pour un ménage wallon de 3 personnes.

Soyons de bon compte, hors championnat du monde, le terrain de hockey continue à consommer de l’eau.

Un petit point supplémentaire : il n’est guère communiqué sur les additifs ajoutés aux eaux d’arrosage.

Toute cette eau ne serait-elle pas plus utile pour d’autres usages ?

Le revêtement des terrains de hockey.

Il y a longtemps que les terrains de hockey ne sont donc plus en gazon naturel. Leur pelouse est en matière synthétique. Ce qui interroge la question de la dispersion des microplastiques, que l’on retrouve paraît-il entre autres dans notre cerveau.

En ce qui concerne les terrains de sport synthétiques, en 2023, une première étude menée en Espagne à partir de 217 échantillons d’eau prélevés à moins d’un kilomètre de la côte près de Barcelone, ainsi que 200 échantillons prélevés entre 2014 et 2021 sur le fleuve Guadalquivir, conclut que le gazon synthétique présente une menace écologique en raison de sa contribution à la pollution des eaux. Cette recherche, conduite par des chercheurs de l’université de Barcelone, signale notamment que dans les eaux environnant Barcelone, le gazon artificiel représente 15 % des microplastiques mesurant plus de 5 millimètres de long. Dans certaines zones, la concentration de gazon synthétique dans l’eau peut dépasser les 210 000 fibres par kilomètre carré. Interrogé par New Scientist, l’un des chercheurs espagnols estime qu’il est improbable que ce phénomène soit limité à l’Espagne, et que la véritable étendue de la pollution pourrait être considérablement plus élevée, étant donné que la décomposition du gazon synthétique en nanoparticules demeure méconnue.

Sur les terrains de hockey, trois vecteurs de dispersion ont été analysés :

Dispersion hydrologique : c’est le vecteur le plus favorisé structurellement, car les terrains de hockey exigent un drainage vertical très rapide (≥150 mm/h), ce qui entraîne les particules détachées directement vers les drains ou dans le sol. La réglementation de la Fédération Internationale de Hockey encadre surtout les matériaux de remplissage, pas les fibres elles-mêmes.

Dispersion éolienne : aucune étude ne quantifie ce vecteur spécifiquement pour le hockey. L’absence de couche de granulats meubles en surface limite a priori ce risque comparé au football, mais aucune donnée empirique ne le confirme.

Impact de la chaleur : facteur aggravant majeur, second après les UV. La chaleur dilate la structure des fibres, les fragilise et réduit leur résistance mécanique ; un gazon synthétique peut atteindre 70°C en surface. L’arrosage du terrain refroidit la surface (ralentissant potentiellement cette dégradation thermique) mais réactive en parallèle le vecteur hydrologique de dispersion — un effet circulaire propre au hockey. Le froid, à l’inverse, rend les fibres cassantes selon un mode de rupture différent, pertinent pour le climat belge.

Faute d’outil de mesure fiable actuellement, nous restons dans l’ignorance des réels impacts sur l’environnement.

Le réchauffement climatique

S’il y a encore des sceptiques, la communauté scientifique et 78 % des Belges considèrent que le changement climatique doit être traité de toute urgence. (Enquête nationale du SPF Santé publique, publiée en 2026,).

Une compétition sportive, même sans tenir compte de la construction et du fonctionnement des infrastructures, émet son tonnage de Co2. La coupe du monde de Hockey doit se trouver quelque part entre un championnat de judo et le championnat d’Europe de football. Faute de chiffres officiels, nous allons prendre arbitrairement, les Jeux du Commonwealth à Birmingham en 2022 :  201 800 tonnes de Co2, soit apparemment plus que tous les ménages wavriens en un an.

Il faudrait environ 8 à 10 millions d’arbres plantés et laissés à maturité pendant un an pour compenser ce volume.

Ne pourrions-nous pas nous passer d’une telle production de gaz à effets de serre?


La question revient toujours, encore et encore. Sommes-nous capables d’interroger nos pratiques ?


Dossier Hockey (CPSD)

Dossier concernant les infrastructures gréziennes et reprenant nombre d’informations sur ce sujet : https://sites.google.com/view/cpsd-grez-doiceau/accueil