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Le collectif de quartier Stampia-Sainte du Chêne nous a récemment interrogé sur l’efficacité des revêtements drainants à la suite de différents articles que nous avons publiés. Il s’inquiétait particulièrement de l’impact de la pente sur ces dispositifs. Vous trouverez ci-dessous un avis fourni à titre indicatif. Le recours à des experts indépendants est toujours souhaitable.

Analyse de la pente relevée

La pente a été calculée sur base des données altimétriques fournies sur WalOnMap.

Vérification du calcul : (56,90 m − 46,37 m) / 330,29 m = 10,53 m / 330,29 m = 3,19% . Le profil altimétrique joint confirme cette tendance : une déclivité relativement continue, plus marquée dans la seconde moitié du parcours (au-delà de 200 m), passant d’environ 54 m à 46 m d’altitude sur les 150 derniers mètres.

Ce que l’on peut en conclure, au regard des seuils techniques établis précédemment

Cette pente moyenne de 3,19% doit être comparée aux seuils réglementaires et techniques documentés pour les revêtements drainants :

Seuil Valeur Comparaison avec 3,19%
Pente maximale recommandée (toutes directions) pour un revêtement drainant 2% Dépassé de +1,19 point (soit +60% au-delà du seuil)
Seuil au-delà duquel le revêtement n’est plus considéré comme surface non-ruisselante (réglementation flamande) 2% Dépassé
Seuil de tolérance supérieur nécessitant un dispositif d’évacuation renforcé aux points bas ~5% Non atteint, mais proche du régime « pente forte »

Conclusions techniques directes 

La pente mesurée (3,19%) dépasse le seuil de 2% au-delà duquel, selon le dossier CRR/FEBE et les cahiers des charges belges, un revêtement drainant standard ne peut plus être garanti comme surface efficacement infiltrante. Une partie significative de l’eau ruisselle en surface au lieu de s’infiltrer dans la structure.

Ce tronçon se situe dans une zone intermédiaire : plus pentu que le seuil optimal (2%), mais moins que le seuil de 5% à partir duquel un dispositif d’évacuation renforcé spécifique aux points bas est explicitement recommandé. Il s’agit néanmoins d’une zone où, selon la documentation technique, un dimensionnement différencié de la sous-fondation (épaisseur accrue) et un aménagement particulier au point bas du tronçon seraient nécessaires.

Le point bas est un point de concentration attendu, où l’eau qui n’a pu s’infiltrer en amont se rassemble mécaniquement. C’est précisément la zone qui, selon les normes citées, nécessite une évacuation renforcée ou un stockage local accru — faute de quoi un ruissellement concentré et une accumulation d’eau y sont probables en cas de pluie soutenue.

Implication pour le dossier : si ce tronçon correspond à une voirie ou un revêtement présenté comme « drainant » dans le projet, la pente mesurée constitue un indice technique concret justifiant de vérifier — dans l’étude hydraulique du projet — si un dimensionnement spécifique (sous-fondation renforcée, drainage complémentaire au point bas, ou reclassement de cette portion comme non-infiltrante) a bien été prévu pour ce tronçon précis, plutôt qu’un dimensionnement moyen uniforme sur l’ensemble du site.

Limite à signaler : Nous n’avons pas vérifier à ce stade les pentes effectives des voiries reprises sur les plans.

Conclusion

Nous invitons les décideurs

  • A consulter des experts indépendants pour vérifier
    • Avant les travaux si les dispositifs sont correctement évalués,
    • Pendant les travaux, s’ils sont correctement mis en œuvre,
    • Après les travaux si leur efficacité est conforme.
  • A prévoir le budget et les capacités techniques lato sensu pour l’entretien futur.
  • A vérifier si des effets annexes n’existent pas comme la présence de fossé caché.

Consulter la note générale Efficacité des revêtements drainants pour voiries