
À Grez-Doiceau, un projet de construction groupée suscite certaines préoccupations. La demande de permis concernera l’édification de 27 logements ainsi que l’ouverture d’une nouvelle voirie sur une parcelle située rue de la Sainte du Chêne. Ce terrain, anciennement à usage agricole, se trouve à la croisée de plusieurs zones sensibles : des infrastructures sportives, une zone agricole à haute valeur paysagère, une voirie réservée à la mobilité douce et une rue étroite à sens unique.
| Attention : Le dossier est encore à son premier stade, celui de la réunion d’information préalable. En droit wallon, une réunion d’information préalable (souvent abrégée RIP) est une étape obligatoire ou facultative, selon la catégorie du projet, qui intervient avant l’introduction d’une demande d’autorisation pour certains projets susceptibles d’avoir un impact sur l’environnement. |
Gestion des eaux pluviales : un point de vigilance majeur
Le sol limoneux de la parcelle, dont le drainage naturel est modéré à imparfait, soulève des interrogations importantes quant à la gestion des eaux pluviales et au risque d’inondation. Si le projet prévoit plusieurs dispositifs techniques — voirie drainante, citernes, tranchées drainantes, noues paysagères — leur efficacité en cas de fortes pluies reste sujette à caution. Une étude hydrologique approfondie est nécessaire avant toute décision.
Une typologie inadaptée aux besoins locaux ?
La configuration du projet — principalement composée de maisons unifamiliales isolées à quatre façades — interroge quant à sa pertinence face aux besoins réels de la commune. À l’heure où la pression foncière impose une gestion économe du sol, les demandes locales vont davantage vers des logements collectifs, sociaux ou intergénérationnels, plus adaptés à la transition écologique et aux enjeux sociaux actuels.
Mobilité et sécurité : un accès problématique
Le nombre de logements envisagé paraît excessif au regard de l’accessibilité du site. L’unique accès carrossable est une rue étroite à sens unique, ce qui pose des problèmes en matière de sécurité routière et de fluidité, notamment en lien avec la proximité d’une école. Les conséquences sur la circulation locale et les mobilités douces sont jugées préoccupantes.
Une intégration paysagère et urbaine en question
Le projet est également critiqué pour son manque d’ancrage dans le tissu villageois. Sa déconnexion apparente du noyau de Grez-Doiceau pourrait nuire à la cohérence paysagère. L’ouverture d’une nouvelle voirie, rendue possible par l’utilisation de terrains communaux, soulève des débats sur les compensations à prévoir, l’articulation avec les voiries existantes, et l’impact sur le réseau cyclable structurant. Et ce, sans compter une pression accrue entre autres sur les services communaux
D’autres enjeux environnementaux et pratiques
De nombreuses autres préoccupations sont exprimées : l’organisation et la durée du chantier, la gestion des déblais et remblais, l’aménagement des parcelles privées, la protection de la biodiversité, le risque d’imperméabilisation excessive des sols et l’efficacité des systèmes prévus pour les eaux usées et pluviales.
En conclusion
Ce projet immobilier, par son ampleur et sa localisation, touche à des enjeux essentiels : environnementaux, sociaux, urbanistiques et de mobilité. De nombreuses questions restent en suspens et appellent à une évaluation approfondie avant toute validation. Pour certains, il serait prudent de suspendre toute décision jusqu’à la définition des grandes orientations du futur Schéma de Développement Communal (SDC).