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Résumé de la présentation de Sébastien Hendrickx – Lepur – ULiège lors du  colloque « Diviser pour mieux se loger » organisé par Canopea le 5 février  2026.

Dans un contexte wallon marqué par une forte consommation d’espace et par l’objectif de réduire l’artificialisation des sols, le recyclage urbain apparaît comme un levier central pour répondre aux besoins en logements.
À partir de données cadastrales et d’analyses récentes, Sébastien Hendrickx (Lepur–ULiège) met en évidence l’ampleur du gisement offert par le stock bâti et le foncier déjà artificialisé, notamment via la division de logements, avec ou sans extension.

Si ces estimations restent théoriques, elles suggèrent que l’activation de ce potentiel—déjà significatif dans la production actuelle—pourrait contribuer à couvrir une grande part des besoins futurs sans étendre la ville sur des terres vierges.

Consulter la présentation Compte-rendu du colloque

La présentation montre que, vu l’étalement urbain et la forte consommation d’espace résidentiel en Wallonie, une part importante des besoins en logements pourrait être couverte sans artificialiser de nouveaux sols, en mobilisant le bâti existant et le foncier déjà artificialisé (recyclage urbain, divisions, extensions, surélévations, etc.).

Constat de départ : surconsommation d’espace

La Wallonie présente une surface urbanisée par habitant nettement plus élevée que plusieurs régions européennes (ex. Wallonie 626 m²/habitant, Belgique 495 m²/habitant, Pays-Bas 196 m²/habitant, d’après des chiffres issus de Corine Land Cover 2006 tels que présentés).
En parallèle, la taille des parcelles par logement a fortement augmenté depuis les années 1950, alors que le nombre d’occupants par logement a diminué, ce qui signifie davantage d’espace consommé pour moins de personnes.

Cadre politique : objectifs du SDT/ZAN

Le Schéma de Développement Territorial wallon fixe une trajectoire de réduction de l’artificialisation vers le « zéro artificialisation nette » à l’horizon 2050, et vise une production de logements davantage localisée dans les centralités (objectif de recentralisation). Cette orientation implique de renforcer la densification et surtout le recyclage urbain (produire et adapter des logements dans l’existant plutôt que sur terrains vierges).

Évolution des modes de production

La densification via immeubles à appartements a déjà fortement progressé (près de 75% de la production de logements en 2021 dans la présentation citée). Mais l’enjeu porte aussi sur la transformation du bâti existant (divisions, extensions, surélévations, reconversions), dont la part aurait augmenté récemment, et sur le fait qu’une grande partie des constructions neuves reste réalisée sur terrains non artificialisés.

Potentiel de recyclage foncier (densification « douce »)

La modélisation (données cadastrales + PICC) estime un potentiel significatif de création de logements dans des tissus déjà résidentiels, via cinq modes, dont plusieurs liés à la division : extension horizontale avec division, extension verticale, et division sans extension.
Dans la note CPDT correspondante, l’idée centrale est que le recyclage urbain représente déjà une part importante de la production (environ 37% des logements produits, selon leur évaluation) et que le stock bâti + foncier artificialisé offre un potentiel théorique de densification très élevé, suffisant (à certaines conditions d’accessibilité) pour couvrir des besoins sur plusieurs décennies.

Points de prudence et message final

Les chiffres de potentiel sont explicitement qualifiés de « théoriques » : ils mesurent des gisements spatiaux (volume disponible) et ne garantissent pas la faisabilité technique, économique, sociale ou l’acceptabilité locale des projets.
Conclusion opérationnelle : la Wallonie a des marges de manœuvre réelles grâce à un parc résidentiel spacieux, et la division (avec ou sans extension) constitue un levier majeur pour produire des logements sans artificialiser, mais il faut des politiques et outils pour passer du potentiel à l’activation.

Autres Sources